Deuxième Journée d’Études sur les Espaces (Trans)formatifs. Paradigmes, techniques et outils. Quelles intentionnalités, mutations et conséquences ?

28.06.2019

Pour cette nouvelle édition, le groupe Espaces (Trans)formatifs souhaite mettre la focale sur les changements et les mutations que connaissent aujourd’hui ces espaces, à partir des paradigmes sur lesquels ces modifications reposent, des techniques mises en œuvre ainsi que des outils d’intervention mobilisés par les professionnel-le-s, afin d’interroger les processus de constitution de ces espaces.

Université de Cergy-Pontoise, site de Gennevilliers

Argumentaire

À observer les différents espaces sociaux consacrés à la formation ou à la transformation des individus, dont l’objectif est de favoriser l’appropriation de connaissances, savoir-faire et savoir-être, de nombreuses mutations se font jour sous l’impulsion d’actrices et d’acteurs de l’action publique, d’intellectuel-le-s ou d’acteurs et actrices dits de « terrain » (professionnel-le-s, publics ou usagers). A titre d’exemple, l’une des mutations en cours est l’horizontalisation des formes d’expertise (Epstein, 1995 ; Lima, 2013) dans le cadre des changements politiques à l’œuvre aujourd’hui, renvoyant à une conception de l’action publique différente de celle qui était en vigueur il y a une trentaine d’années (Astier, 2007 ; Rosanvallon, 1995). En ce sens, la parole des usagers ou des publics occupe une place de plus en plus importante dans la mise en œuvre de projets collectifs d’envergure ou à un niveau individuel d’accompagnement (Zarifian, Gadrey, 2002).
Ces mutations peuvent être appréhendées comme résultant d’une évolution ou d’un renversement de paradigmes (Kuhn, 1970), terme entendu au sens d’une représentation du monde cohérente sous-tendue par un modèle théorique, un courant de pensée ou une matrice disciplinaire. Ces paradigmes se matérialisent aujourd’hui par des techniques d’intervention qui peuvent paraitre en tension, renvoyant autant à des moyens d’émancipation (Dewey, 1916), d’affiliation (Castel, 1995) que de domination (Bourdieu, 1979) ou de gouvernement (Foucault, 1994). Par ailleurs, ces techniques s’inscrivent dans des mises en œuvre relevant d’outils, venant contraindre ou modifier les gestes professionnels, qu’il s’agisse d’outils matériels, informatiques ou renvoyant à de nouvelles professionnalités (Lascoumes, Le Galès, 2004 ; Boussard, 2008).
Ainsi, réfléchir à l'articulation entre paradigmes, techniques et outils permet de d'appréhender les logiques complexes (Lascoumes, Le Galès, 2012) afin de penser les mutations des espaces à visées formatives ou transformatives. Si l’ambition politique semble le plus souvent relever de l’autonomisation et/ou de l’activation des populations par la construction d’un projet (Boutinet, 2012), la finalité, les moyens ou les techniques mis en œuvre ne s’inscrivent pas toujours dans les mêmes logiques. Ainsi, la visée émancipatrice peut apparaître contradictoire avec les techniques, catégorisations, repérages, prises en charge et accompagnements que ceux-ci soient d’ordre actuariel, managérial, gestionnaire ou comportemental. Dans le même sens, si l’idée de la performance des services apparaît comme centrale en méthode, les notions d’assistance et d’assurance ne sont pas évacuées pour autant (Chauvière, Godbout, 1992).
Par cette entrée, nous souhaitons donc adopter un regard transversal sur des espaces sociaux dont les actrices et acteurs vivent des mutations similaires, tout en développant des modes d’appropriation différents. En effet, ils et elles s’en saisissent, y résistent, s’y opposent ou les hybrident de manière particulière selon les espaces et potentiellement sur une pluralité de plans (Thévenot, 2006). En d’autres termes, la situation actuelle invite de plus en plus à penser ces mondes sociaux en termes de complexité (Morin, 2014).

Programme provisoire 

8:45 – Accueil des participant·e·s 

9:00 – Ouverture, introduction de la journée 

Première session

9:15 – 9:45 – Créer des espaces inclusifs : le cas d’un centre d’animation parisien
Sergio Avalos (École Spéciale des Travaux Publics (ESTP), Conservatoire national des arts et métiers)

9:45 – 10:15 – Réformer une formation, transformer des « vocations ». Le cas d’une expérimentation de réforme de la première année commune aux études de santé
Sylvia Marques (Université Paris Nanterre, IDHES)

10:15 – 10:45 – GreenWork : Appropriation sociale d’un projet d’innovation environnementale et organisationnelle
Sami Pieczynski (Université de Namur, CRIDS/NaDI)

Pause-café – 10:45

Deuxième session

11:00 – 11:30 – La forme éducative contraignante dans les centres éducatifs fermés : entre règle, contrôle et pratique
Amélie Derobert (Université Lyon 2)

11:30 – 12:00 – Les Projets d’établissement, des espaces (trans)formatifs désinvestis. Perspectives, mises en œuvre, appropriation et adaptations dans l’enseignement primaire genevois
Diane Rufin (Université de Genève)

12:00 – 12:30 – Le Chili et les transformations sociales au cours de 40 dernières années. Le cas de l'enseignement des arts visuels dans trois contextes éducatifs différents
Maciel Morales Aceiton (Université Paris-Descartes)

Pause déjeuner
12:30 – 14:00

Troisième Session

14:00 – 14:30 Les formations d’animateurs, mutations des espaces de formations entre valeurs et institutionnalisation. L’exemple du marché parisien
Cyrille Bock (Université de Cergy Pontoise)

14:30 – 15:00 Changements d’espaces et reconfigurations sociales d’une danse de la rue ; le sabar au Sénégal
Aurélie Doignon (Université de Bordeaux, UMR Passages)

Pause-café
15:00 – 15:15

Quatrième Session
Atelier de réflexion sur les aspects transversaux et thématiques des communications présentées

16:45 –  Fin de la Journée d’Etudes

Comité d’organisation & scientifique
Géraldine Canet, Docteure en Art-thérapies, Laboratoire TEC (EA 3625), Université SPC Paris Descartes
Martial Meziani, Maître de conférences, sciences de l’éducation & sociologie, Laboratoire EMA (EA 4507), Université Cergy-Pontoise
Girish Muzumdar, Doctorant en sociologie, LISE (UMR 3320), CNAM, CNRS
Monika Piecek, Doctorante à l’Institut des Études genre de l’Université de Genève et à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO)
Adrien Primerano, Doctorant en sociologie, IRIS (UMR 8156), EHESS
Julie Varlet, Chargée d’enseignement, Doctorante en sociologie, Université d'Artois, Laboratoire Lille Economie Management (UMR 9221), CNRS
Yana Zdravkova, Doctorante en sociologie, LISE (UMR 3320), CNAM, CNRS, Chercheuse associée au Grhapes (EA 7287), INS HEA, Université Paris Lumières

Inscription obligatoire