Le travail partenarial dans les secteurs éducatif, social et médico-social : entre nécessité et innovations

22.05.2019

L’objectif de cette journée d’études est de réunir étudiants, chercheurs et professionnels des secteurs éducatif, social et médico-social à travers ce fil rouge des dynamiques partenariales qui s’opèrent au sein de ces secteurs et posent aussi bien la question de l’actualité que celle de la diversité des partenariats stratégiques et innovants.

La journée d'études aura lieu à l'université de Cergy-Pontoise, sur le site de Gennevilliers

Le travail partenarial dans les secteurs éducatif, social et médico-social revêt de multiples visages. Parfois perçu et vécu par les professionnels comme une nécessité, contraignante (une « injonction de plus »), l’introduction d’un nouveau partenaire dans le fonctionnement d’un service, d’un établissement ou d’une organisation peut aussi bien apparaître comme un complément qu’un concurrent aux activités et modalités d’accompagnement existantes. De même, si son développement peut sembler soumis à des logiques d’opérationnalité, d’efficience et d’économie d’échelle, le travail partenarial peut aussi être considéré comme un cadre instituant, foyer d’innovations, du moins d’expérimentations, à travers lesquelles on apprend à faire « autrement », « autre chose », avec d’« autres » acteurs, d’« autres » professions, organisations et institutions, en imaginant d’ « autres » réponses aux problématiques des personnes accompagnées.

Ce qui ne signifie que les dynamiques partenariales doivent s’exercer « contre ce qui est "déjà là" », notamment contre les collaborations et conventions existantes et tout ce qui fait office de liens et de points de repère pour les équipes et publics concernés. Le développement partenarial soulève en tout cas la question de son pilotage managérial, tant il peut aussi bien être perçu comme le bras armé d’un ordre imposé qu’un espace dans lequel s’exerce un « ordre négocié » (Strauss, 1992), déconstruit/reconstruit dans et par les actions partenariales. De même, l’introduction d’un nouveau partenaire peut susciter une « lutte des places » (Gaulejac, Taboada-Leonetti, 1994). Ceux qui, en tant que « nouveaux », essaient de démontrer leur utilité et l’étendue de leurs compétences, peuvent, sans que cela soit intentionnel, « bousculer symboliquement des professionnalités stabilisées », comme l’a récemment montré Laure Minassia (2019), en rendant compte des « mésalliances éducatives » dans un partenariat de lutte contre le décrochage scolaire entre les animateurs d’une association et les autres acteurs et partenaires « traditionnels » (conseillers d’orientation, conseillers MLDS, CPE, etc.).

Au final, à l’ère du décloisonnement, de la transversalité, de la pluridisciplinarité ou encore de la multiprofessionnalité, le partenariat apparaît comme un allant de soi, mais dont pourtant les modalités et les effets s’avèrent bien incertains (Lyet, 2008) et riches en imprévus, que ce soit pour ceux qui en sont les acteurs et porteurs, comme pour ceux qui en constituent les bénéficiaires (les personnes accompagnées/concernées, qui peuvent par ailleurs être parties prenantes du partenariat).

L’objectif de cette journée d’études est de réunir étudiants, chercheurs et professionnels des secteurs éducatif, social et médico-social à travers ce fil rouge des dynamiques partenariales qui s’opèrent au sein de ces secteurs et posent aussi bien la question de l’actualité que celle de la diversité des partenariats stratégiques et innovants.

Cette journée d’études s’inscrit dans le cadre du parcours de master EPDIS (Encadrement, Pilotage et Développement en Intervention Sociale) de l’ÉSPÉ de l’académie de Versailles, au sein de l’université de Cergy-Pontoise.  Organisée par le laboratoire ÉMA, avec le soutien de l’ETSUP et de l’École Pratique de Service Social (EPSS),  elle permettra de présenter, mettre en perspective et mettre en débat plusieurs dispositifs partenariaux et les diverses problématiques qu’ils soulèvent. Elle bénéficiera de l'intervention de chercheurs, formateurs mais aussi de professionnels de l’encadrement au sein des secteurs éducatif, social et médico-social.

 

PROGRAMME

9h. Accueil (hall du bâtiment)

9h15. Introduction générale. Pascal FUGIER (MCF en sciences de l’éducation à l’université de Cergy-Pontoise, membre du laboratoire ÉMA) et Corinne ROUGERIE (enseignant chercheur contractuel à l’université de Cergy-Pontoise, chercheur associé au laboratoire ÉMA, responsable Prefass du Limousin, formatrice à Polaris-Formation).

9h30. Intervention de Philippe LYET (responsable du centre de recherche de L’ETSUP, chercheur associé au laboratoire ÉMA). Le travail partenarial dans le travail social : une aventure stratégique et innovante ?

10h-11h. Le travail partenarial auprès des enfants et adultes en situation de handicap, entre nécessité et innovations

Jessica BREGEOT (enseignante référente, étudiante du master 2 FFAP), L’enseignant référent : des compétences professionnelles coopératives nécessaires pour un travail partenarial.

Frédéric PIZZO (chef de service d’un SESSAD, aussi rattaché à un ITEP, étudiant du master 2 EPDIS), D’une collaboration imposée vers un partenariat co-construit. Retour sur un travail partenarial entre un SESSAD et des écoles.

Valérie BAUDE (cheffe de service d’un SESSAD, étudiante du master 2 EPDIS), Le partenariat dans un SESSAD comme réponse à une logique d’inclusion et de tarification.

Belkacem TAGACHOUCHT (responsable du développement économique d’un Pôle Accompagnement Professionnel, étudiant du master 2 EPDIS), Approche et création musicales au cœur d’un travail partenarial mené auprès de travailleurs en ESAT.

11h20-11h30. Pause

11h30-12h50. Résonances et débat avec l’ensemble de la salle.

12h50-14h. Pause déjeuner.

14h-14h30. Intervention de Claire HEIJBOER (formatrice chercheuse, responsable de l’unité de recherche de l’EPSS, chercheure associée au CERLIS),  Le travail en partenariat ou l'émergence d'un contre-programmeinstitutionnel dans l'action sociale et médico-sociale.

14h30-15h55. Le travail partenarial auprès des jeunes, familles et personnes en situation de pauvreté, entre nécessité et innovations…

Valérie ROCHER (directrice de la CAF des Deux-Sèvres) et Patrice BRACONNIER (docteur en économie et responsable du Pôle Recherche et de la formation CAFDES à l’IRTS Poitou-Charentes), Construction d’un réseau d’accueil partenarial dans un centre socio-culturel.

Aurélien COSSE (éducateur spécialisé dans un CHRS), La coloc : une action partenariale pour éviter la sortie sèche des jeunes sortant de l’ASE.

Emmanuelle RENAUD (responsable du Secteur Jeunes et Familles au sein du CCAS de Nanterre) et Mebarka BEKKARI (coordinatrice de l’action sociale et scolaire du CCAS de Nanterre), Un service d’action sociale de proximité dans les quartiers et les Ecoles : un travail social d’entre-deux.

15h45.-16h. Pause

16h.-17h20. Résonances et débat avec l’ensemble de la salle.

17h20-17h30. Relevé de conclusion générale : ce qu’on retient de cette journée d’études, ce qui nous a surpris…

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Accès au site universitaire de Gennevilliers de l’université de Cergy-Pontoise : ZAC des Barbanniers, avenue Marcel Paul, 92230 Gennevilliers.

Plus d’informations : https://www.u-cergy.fr/fr/universite/venir-a-l-universite/site-de-gennevilliers.html

 

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE