Appel à communication Deuxième Journée d’Études sur les « Paradigmes, techniques et outils. Quelles intentionnalités, mutations et conséquences ? »

12.04.2019

Le groupe Espaces (Trans)formatifs, composé de chercheur-e-s travaillant dans différents champs disciplinaires, a le plaisir de vous convier à sa Deuxième Journée d’Études. Lors de la première édition en juin 2018, nous avons interrogé les dimensions transformatives et formatives d’espaces sociaux ayant cette finalité, notamment sur les plans expérientiels, processuels, institutionnels et politiques.
Pour cette nouvelle édition, nous souhaitons mettre la focale sur les changements et les mutations que connaissent aujourd’hui ces espaces, à partir des paradigmes sur lesquels ces modifications reposent, des techniques mises en œuvre ainsi que des outils d’intervention mobilisés par les professionnel-le-s, afin d’interroger les processus de constitution de ces espaces.

Argumentaire

À observer les différents espaces sociaux consacrés à la formation ou à la transformation des individus, dont l’objectif est de favoriser l’appropriation de connaissances, savoir-faire et savoir-être, de nombreuses mutations se font jour sous l’impulsion d’actrices et d’acteurs de l’action publique, d’intellectuel-le-s ou d’acteurs et actrices dits de « terrain » (professionnel-le-s, publics ou usagers). A titre d’exemple, l’une des mutations en cours est l’horizontalisation des formes d’expertise (Epstein, 1995 ; Lima, 2013) dans le cadre des changements politiques à l’œuvre aujourd’hui, renvoyant à une conception de l’action publique différente de celle qui était en vigueur il y a une trentaine d’années (Astier, 2007 ; Rosanvallon, 1995). En ce sens, la parole des usagers ou des publics occupe une place de plus en plus importante dans la mise en œuvre de projets collectifs d’envergure ou à un niveau individuel d’accompagnement (Zarifian, Gadrey, 2002).

Ces mutations peuvent être appréhendées comme résultant d’une évolution ou d’un renversement de paradigmes (Kuhn, 1970), terme entendu au sens d’une représentation du monde cohérente sous-tendue par un modèle théorique, un courant de pensée ou une matrice disciplinaire. Ces paradigmes se matérialisent aujourd’hui par des techniques d’intervention qui peuvent paraitre en tension, renvoyant autant à des moyens d’émancipation (Dewey, 1916), d’affiliation (Castel, 1995) que de domination (Bourdieu, 1979) ou de gouvernement (Foucault, 1994). Par ailleurs, ces techniques s’inscrivent dans des mises en œuvre relevant d’outils, venant contraindre ou modifier les gestes professionnels, qu’il s’agisse d’outils matériels, informatiques ou renvoyant à de nouvelles professionnalités (Lascoumes, Le Galès, 2004 ; Boussard, 2008).

Ainsi, réfléchir à l'articulation entre paradigmes, techniques et outils permet de d'appréhender les logiques complexes (Lascoumes, Le Galès, 2012) afin de penser les mutations des espaces à visées formatives ou transformatives. Si l’ambition politique semble le plus souvent relever de l’autonomisation et/ou de l’activation des populations par la construction d’un projet (Boutinet, 2012), la finalité, les moyens ou les techniques mis en œuvre ne s’inscrivent pas toujours dans les mêmes logiques. Ainsi, la visée émancipatrice peut apparaître contradictoire avec les techniques, catégorisations, repérages, prises en charge et accompagnements que ceux-ci soient d’ordre actuariel, managérial, gestionnaire ou comportemental. Dans le même sens, si l’idée de la performance des services apparaît comme centrale en méthode, les notions d’assistance et d’assurance ne sont pas évacuées pour autant (Chauvière, Godbout, 1992).

Par cette entrée, nous souhaitons donc adopter un regard transversal sur des espaces sociaux dont les actrices et acteurs vivent des mutations similaires, tout en développant des modes d’appropriation différents. En effet, ils et elles s’en saisissent, y résistent, s’y opposent ou les hybrident de manière particulière selon les espaces et potentiellement sur une pluralité de plans (Thévenot, 2006). En d’autres termes, la situation actuelle invite de plus en plus à penser ces mondes sociaux en termes de complexité (Morin, 2014).

Ainsi, nous invitons les contributrices et contributeurs à proposer des communications portant sur les outils, les méthodes et les paradigmes qui président aux mutations des espaces qu’elles et ils étudient, ainsi que l’articulation entre ces différentes dimensions. Des communications portant sur la circulation des savoirs, leur appropriation et les rapports de force qui structurent les espaces étudiés, ainsi que sur les changements observés en termes de gestes et d’éthique professionnels sont attendues. Enfin, la question de l’évaluation revêt une dimension spécifique puisqu’elle offre à la fois un regard sur l’action des pouvoirs publics, des professionnel-le-s, les conséquences pour les publics et usager-e-s et leur rôle dans le processus de transformation en cours. Les modalités de cette évaluation conditionnent, par ailleurs, l’action des professionnels et leur rapport aux publics. Les communications pourront proposer différents niveaux d’analyse (micro, méso, macro) et s’inscrire dans différents champs disciplinaires.

En vue de pouvoir interroger cette problématique de manière transversale, différents terrains pourront être analysés. En ce sens, les propositions de communication pourront porter sur :

-        L’action publique et la mise en œuvre des politiques publiques

-        Le travail social et le système médico-social  

-        Le système scolaire, l’enseignement supérieur et la formation pour adultes

-        Les champs thérapeutiques, sanitaires et de réadaptation

-        Le champ pénitentiaire et la justice

-        L’emploi et la lutte contre l’exclusion

-        Le sport, l’art et la culture.

Modalités pratiques d’organisation

Nous invitons les collègues à nous faire des propositions (500 mots au maximum) avant le 12 avril 2019 à l’adresse suivante : espaces.trans.formatifs @ gmail.com.

Chaque proposition fera l’objet d’un accusé de réception et la décision d’acceptation du comité d’organisation parviendra au plus tard le 26 avril. Les frais de déplacement et de séjour sont à charge des personnes proposant une contribution (des informations sur les possibilités d’hébergement seront communiquées ultérieurement). Un certificat de participation sera délivré à quiconque en fera la demande.

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