Les recherches au laboratoire ÉMA

La thématique centrale du laboratoire porte sur l'école et ses mutations contemporaines : enjeux sociaux, didactiques et professionnels.

Le laboratoire École, Mutations, Apprentissages analyse les évolutions et les mutations du monde éducatif. Les chercheurs d’ÉMA, du fait de la diversité et de la complémentarité des spécialités qui sont les leurs, interrogent dans le cadre de projets collectifs ses dynamiques actuelles, ses formes et ses espaces dans et hors de l’école mais aussi ses politiques de formation et les supports dont dépendent les pratiques et les usages liés aux apprentissages.

Ainsi, c’est forts d’une expérience reconnue dans le champ de l'éducation et d’une implication sur les terrains académiques et dans les formations dispensées à l'ÉSPÉ que les membres du laboratoire développent, quotidiennement, leurs recherches au service du monde social.

Projet scientifique

Motion votée à l'unanimité par l'assemblée générale du laboratoire EMA le 18 juin 2020

L’Assemblée générale du laboratoire EMA (CY Cergy Paris Université) réunie le 18 juin 2020, a voté à l’unanimité la motion suivante, par laquelle elle souhaite exprimer sa vive opposition au projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) diffusé le 7 juin, et destiné à être présenté le 8 juillet au Conseil des ministres, selon un calendrier qui ne permet ni examen ni débat. Le contexte de crise sanitaire que nous venons toutes et tous de traverser a révélé l’importance de la coopération et de la solidarité, sans lesquelles nous n’aurions pu continuer à assurer nos missions d’éducation, de formation et de recherche. La dégradation des conditions d’études et de travail pendant cette période exceptionnelle n’a pas pu être empêchée malgré des efforts considérables de chacun des acteurs de la communauté universitaire. Or le modèle de compétition généralisée que continue à porter le projet LPPR vise à détruire ce qui fait la force, aujourd’hui, de l’Université française.

Le conseil du laboratoire EMA avait déjà exprimé sa plus vive inquiétude concernant les propositions issues des trois rapports remis à Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en vue du projet de Loi de programmation pluriannuelle de la recherche, dans une motion votée à l’unanimité le 30 janvier 2020. Or le texte de Loi reprend tous les éléments qui faisaient l’objet de notre contestation en janvier dernier.C’est pourquoi l’assemblée générale du laboratoire tient à réaffirmer son opposition à un projet qui vise

- à institutionnaliser la précarisation des chercheur.se.s, à contourner le statut national de fonctionnaire et le statut particulier d'enseignant.e-chercheurs.e, en créant notamment

-          des contrats de « pré-titularisation conditionnelle » (tenure-tracks), destinés à permettre, sans la garantir, la titularisation dans le corps des professeur.e.s des universités ou des directeur.rice.s de recherche sans habilitation à diriger des travaux de recherche, sans qualification par le CNU, sans ouverture des postes au concours,

-          des contrats de « mission scientifique », de trois à six ans, abusivement appelés « CDI » ;

- à mettre fin à l’indépendance de la recherche, pour la soumettre aux décisions du politique et aux impératifs de l’économie, en créant des contrats doctoraux et post-doctoraux de droit privé, en encourageant les enseignant.e.s-chercheur.se.s à exercer des fonctions dans des entreprises privées ou à créer des entreprises, dans le cadre de cumuls d’activité qui mettent en péril la déontologie de la fonction publique, en proposant un « intéressement financier » aux chercheur.se.s, en revalorisant les salaires et traitements par la généralisation de « primes » non nécessairement allouées à toutes et tous ;

- à encourager la compétition et la concurrence entre chercheur.se.s, laboratoires et établissements en systématisant les financements par appels à projet (ANR, Horizon Europe) en lieu et place des crédits pérennes dont les laboratoires ont besoin pour accomplir leurs missions, en renforçant les procédures de contrôle et d’évaluation, en multipliant les labels et statuts qui accroissent les inégalités entre établissements, selon des critères qui nuisent à la créativité, à l’indépendance et à l’excellence de la recherche.

L’Assemblée générale du laboratoire EMA refuse d’être soumise à un modèle d’organisation de la recherche contraire à sa conception du travail scientifique, qui privilégie la collaboration à la mise en concurrence généralisée entre chercheur.se.s, équipes et établissements. Elleconsidère que l’hégémonie de ce modèle nuit à la fois à son fonctionnement collégial, aux recherches collaboratives menées par le laboratoire avec de nombreux partenaires (établissements scolaires, organismes sanitaires et sociaux, collectivités territoriales, associations) et à ses collaborations internationales.
Comme de nombreuses autres équipes de recherche, le laboratoire EMA est attaché à un modèle de recherche publique, collégiale et indépendante des intérêts politiques et gestionnaires immédiats. C’est cette conception, largement partagée au sein de la communauté scientifique française, qui fait sa qualité, son attractivité et son rayonnement international.