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Contributions en confinement #2 (28 avril 2020)

[Recherche]+[Enseignement]+[Solidarité]

28.04.2020

[Recherche] Entretien avec Alexis Sierra, enseignant-chercheur au laboratoire Mobilités Réseaux Territoires Environnement (MRTE)
[Enseignement] Webinaire "Comment apprendre efficacement à distance ?"
[Solidarité] #SupSolidaire : tous mobilisés dans l’enseignement supérieur

Alexis Sierra, CY Cergy Paris Université

[Recherche] Entretien avec Alexis Sierra, enseignant-chercheur au laboratoire Mobilités Réseaux Territoires Environnement (MRTE)

Sur quels aspects portent vos recherches sur la crise du Covid-19 ?

Au MRTE, nous travaillons sur la gestion de crise en ville. Nous partons des enjeux urbains et des perturbations qui affectent les territoires urbains quelles que soient les menaces : aléas naturels, menace terroriste, etc... Nous analysons en particulier la gestion de la crise, la gouvernance de crise et ses dimensions territoriales, les dispositifs mis en œuvre et l'utilisation des outils cartographiques et géomatiques dans cette gestion de crise. Ces problématiques peuvent tout à fait s'appliquer à la crise sanitaire en tenant compte de la spécificité que représente cette pandémie. En ce qui me concerne, spécialiste des villes du Sud, je vais travailler cette question sur le Grand Tunis. 

Entre géographie et gestion du risque, que pourraient nous apporter les résultats de ces recherches ?

La question est très large. La géographie est une discipline qui sert à penser l'espace à différentes échelles. La géographie permet donc d'appréhender la mondialisation avec des phénomènes de diffusion, de rétroaction positive et négative, la construction d'un système mondial dans lequel toutes les parties de la planète sont en interaction, etc. La pandémie est mondiale et une des dimensions de la gestion est de comprendre cette diffusion qui dessine d'une part, un espace réticulaire avec ces réseaux et ces lieux clés et d'autre part, avec la construction d'un espace mondial d'échanges d'expérience, de références, d'élaboration de solutions communes et de diffusion de modèles.

L'analyse géographique montre aussi les limites de la mondialisation dans le sens que le monde est fait de frontières, de territoires distincts (les Etats-nations) et d'inégalités. La pandémie révèle le rôle de ces Etats, ses inégalités, ses effets de seuil. La géographie montre aussi que l'espace est un enjeu dans les rapports de pouvoirs : face à une menace qui se diffuse en réseau, il y a une volonté de la contrôler et de réduire l'incertitude en définissant ou en réaffirmant des territoires, en construisant des réponses territoriales et en agissant sur le territoire. Le confinement en est un bon exemple : on confine des territoires entiers, des régions, des villes, des lieux et à l'extrême limite cela va jusqu'au corps qui définit aussi un territoire qu'il s'agit de normer, de contrôler. La puissance publique limite les déplacements en fixant des distances. L'espace public est normé et réaménagé. La sortie du confinement a également des dimensions géographiques essentielles à la gestion. Des lieux à risque sont ainsi définis.

De précédentes études dans ces domaines, servent-elles aujourd'hui à mieux appréhender la situation actuelle ?

J'ai participé à un programme qui a construit un système d'information géographique des ressources de gestion de crise pour l'agglomération de Lima. Il permet de mettre en relation les lieux où se localisent des ressources essentielles (réserves d'eau potable, hôpitaux, casernes de pompier, etc.) et les espaces les plus vulnérables en fonction de l'accessibilité ou de l'exposition à des phénomènes perturbateurs. J'ai également aidé la Protection civile locale à construire des scénarios de crise suffisamment réalistes pour servir aux exercices de préparation. Ces outils peuvent tout à fait être mobilisés pour faire face à une pandémie (localisation des ressources de santé d'un côté, connaissance de la ville d'autre part).

Auriez-vous des conseils, notamment pour vos collègues de l'université, pour aider à vivre cette période de confinement ?

Non. Je respecte la liberté et la capacité de chacun et de chacune à trouver la manière qui lui convient le mieux pour affronter cette situation. Soyons prudent sans céder à la peur. Profitons de la période actuelle pour voir combien une crise est un moyen de révéler des tendances, des pratiques, des inégalités et pour construire des projets. Donnons-nous rendez-vous après pour faire un très vaste débriefing et pour faire en sorte qu'on n'oublie pas tous ceux et toutes celles qui nous ont permis de continuer à vivre chez nous et en télétravail.

Souhaitez-vous citer des recherches ou des initiatives que vous trouvez particulièrement remarquables ?

Sur la situation actuelle, il est peut-être trop tôt mais j'ai trouvé deux interventions dans les media particulièrement stimulantes et éclairantes : celle de François Sureau au Grand Entretien de France Inter et celle de Bruno Latour à la fois sur la même radio et dans la presse.

La gestion de crise a besoin de démocratie. Celle-ci n'est pas une fin en soi, mais un outil pour mieux définir les problèmes et les réponses dans une situation de forte incertitude y compris chez les experts de la santé. 

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[Enseignement] Webinaire "Comment apprendre efficacement à distance ?"

Le service de diversification pédagogique de CY Design Hub propose depuis le 24 avril 2020 un webinaire à destination des étudiants, intitulé "Comment apprendre efficacement à distance ?" et animé par Tuyêt Trâm DANG NGOC, chargée de mission des transformations pédagogiques et enseignante en Informatique à l'UFR des sciences et techniques de CY Cergy Paris Université.

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[Solidarité] #SupSolidaire : tous mobilisés dans l’enseignement supérieur

La période de crise sanitaire peut être source d'inquiétude et d'isolement. Pour autant, elle est aussi un moment exceptionnel de solidarité et d'innovation qui veille, au travers de la mobilisation individuelle, des associations, des institutions, de l'Etat, à ce que le plus grand nombre puisse en bénéficier directement.

Toutes ces initiatives solidaires, ces dispositifs d'aides, d'accompagnement matériel, administratif ou psychologique, sont recensés et valorisés sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, sous le hashtag #SupSolidaire.

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Direction de la communication CY Cergy Paris Université
conference.de.redaction @ ml.u-cergy.fr

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