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Trilogie de la Terre

Rencontre avec Agathe Simon et Bertrand Maillot

06.12.2019

Agathe Simon, artiste en résidence à l'UCP nous présente son projet inédit Trilogie de la Terre.

Peut-être vous souvenez-vous avoir participé à un projet de groupe ? Au Collège, au lycée, à l’Université ? Sceptique au début, il a fini par vous embarquer, vous et votre classe, dans un élan commun.

Ce type de projet nous marque et fédère créant une symbiose entre les différents membres. Magique, il s’imprime dans nos mémoires communes laissant l’empreinte d’une production collective passée.

Agathe Simon, artiste en résidence à l'UCP, l’a bien compris et joue de cette force dans son Art.

L’ARTISTE

Agathe Simon a voyagé pendant 10 ans à travers le monde, de l'Arctique à l'Antarctique, de l’Amazonie à l’Extrême-Orient, pour des résidences de création, des performances et des expositions. De retour à Paris, elle débute en 2017 un partenariat avec Le Groupe, une compagnie de création internationale ouverte à tous, avec laquelle elle bouscule les codes de l’art actuel. Pour son projet Trilogie de la Terre, elle s’infiltre dans l’enseignement supérieur, brisant les barrières entre disciplines.

Nous l’avons rencontrée pour tenter de décrypter l'énigmatique Trilogie de la Terre, projet produit par la compagnie de création Le Groupe.


Colloque Trilogie de la Terre Afrique

FACE-A-FACE

Pourriez-vous revenir sur votre projet, sa genèse, sa conception ?

Agathe Simon : L’idée du projet m'est venue il y a 18 mois. J'avais le souhait de poursuivre ma collaboration avec Bertrand Maillot, géologue et directeur du laboratoire GEC. Des partenaires se sont greffés au fur et à mesure du projet : le laboratoire Géosciences et Environnement Cergy (GEC), l’UFR Langues et Études Internationales de l’université de Cergy-Pontoise (avec Gérald Peloux et Cécile Doustaly), le service culturel de l’UCP (avec Caroline Chantegreil et Diana Burgos-Vigna), la Direction de la vie étudiante de l'UCP, l'Université Paris-Seine (COMUE), la licence LPMN,  l’ENSAPC (avec Corinne Le Néün), le laboratoire Lahic du CNRS (avec Véronique Moulinié), Le château de la Bâtie d’Urfé & le département de la Loire, ainsi que Jean-Hervé Peurière & la commune Les Salles (Loire).

Ce projet artistique, dont je suis l’auteure, a pour ambition de recréer le portrait d’une humanité disparue à travers le portrait de 5 ancêtres venant de 5 continents différents, dans le but de pouvoir réinventer notre futur. Une quête de sens apparaît face aux discours d’experts sur l’urgence climatique et les profondes mutations de notre société. L’objectif est de confronter cela avec la génération de demain, engagée, à savoir les étudiants. L’enjeu de ce projet est de leur permettre d'acquérir leur propre vision tout en s’inspirant de la sagesse des ancêtres pour appréhender notre Histoire future.

Quelle est la finalité du projet ? Des productions sont-elles envisagées ?

Agathe Simon : 4 principales pièces, un film, une exposition, une publication et des colloques sont prévus.

Notre ambition est de mettre les étudiants à l’honneur et de mêler différentes disciplines et différents établissements autour d’un projet artistique fédérateur. Les étudiants seront la voix du film.

Pourquoi avoir choisi le terme Trilogie dans le titre du projet ?

Agathe Simon : Trilogie, pour présent (notre société actuelle), passé (les ancêtres), et enfin, futur (les étudiants).

Bertrand M : Au départ, le terme trilogie est une continuité avec le projet du Groupe (Trilogie du Feu). On pourrait maintenant interpréter le terme trilogie comme représentant les 3 champs suivants : Géosciences, Langues et études internationales, et Art. 3 disciplines. Ce qui m'intéresse dans ce projet c’est de poser une enquête insoluble pour tous les acteurs du projet, qu’ils soient artistes, littéraires ou scientifiques. En filigrane, l’incapacité pour chacune des disciplines de ne pouvoir répondre à la question apparaîtra, et c’est finalement en juxtaposant les différentes hypothèses et rendus de ces dernières que l’on pourra s’approcher d’une vérité et avoir des réponses. C’est prouvé par l’enthousiasme des étudiants qui ne se seraient jamais rencontrés sans ce projet.

Quelles ont été les réactions des étudiants suite aux premières rencontres dans le cadre du projet ?

Agathe Simon :  Les étudiants sont ravis d’observer leurs méthodes de recherche respectives. La première rencontre s’est déroulée dans la Loire, en l'honneur de l'ancêtre d'Europe, avec un colloque interdisciplinaire proposé par les étudiants, ainsi que différents tournages : à la Bâtie d'Urfé, dans un souterrain annulaire et à l'occasion d'un banquet en hommage à cet ancêtre, avec la complicité de la commune Les Salles (42). Mon processus en tant qu’artiste est de créer des situations inédites, via une rencontre qui n’aurait jamais eu lieu. Sans ce projet, les étudiants des différents établissements n’auraient jamais eu l’occasion de travailler ensemble ; ils n'auraient jamais rencontré les habitants de cette commune de la Loire ; ils n'auraient jamais festoyé ensemble pour célébrer la mémoire d'un laboureur du XVIIe siècle. C’est mon but : créer une expérience humaine qui elle-même crée des pièces (film, exposition, etc.).

 
Scène Festin Trilogie de la Terre

 Intermédialité et interdisciplinarité sont des concepts au cœur de votre process réflexif et créatif ?

Agathe Simon : Tout à fait. Ces problématiques sont au cœur de mon art, je collabore régulièrement avec des scientifiques et des artistes. Par ailleurs, c’est également la ligne éditoriale de la compagnie Le Groupe pour laquelle je crée des projets depuis 2017.

Un dernier mot sur le centre de recherche sur l’inconnu ?

Agathe Simon : Le Centre de Recherche sur l’Inconnu (C.R.I.) est un centre de recherches interdisciplinaires, spécialement créé pour l’occasion et représenté par la réunion des 16 étudiants du projet. Il n'est pas impossible que le C.R.I. se développe dans le futur...

Dans l’attente du film et de l’exposition, nous pourrons suivre les avancées de ce projet d’envergure, profondément humaniste, lors des différentes restitutions à venir.

 

En savoir plus

 

 

 

 

Colloques

  • Vendredi 28 septembre 2019 : Europe
  • Vendredi 22 novembre 2019 : Afrique
  • Vendredi 28 février 2020 : Amérique
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