AGORA

Images contemporaines de la Communauté dans les arts visuels

Picturing the Community Today in Visual Arts

La réunion des hommes en Communauté est généralement pensée comme plus profonde, plus intense et plus organique que leur simple regroupement en société

les 1 et 2 juin 2017 à l'UCP

De là naissent bien des images qui s’efforcent de capturer et (re)présenter, métaphoriquement ou littéralement, ces liens à l’intensité remarquable.

Ruche, fourmilière, banc de poisson —image « plus terrifiante encore », selon Roland Barthes, que celle de la fourmilière— ; foules compactes, masses indistinctes ou organismes composites, corps multiple(s) mais « comme-un » ; nouveaux Léviathans repoussants, ou nouvelles Utopies séduisantes, ces représentations, depuis l’Antiquité, sont nombreuses et variées. Mais se sont-elles renouvelées ? On peut penser que les arts de l’image —cinéma, photographie, peinture, dessin, vidéo et jeu vidéo­— et les arts vivants —théâtre, danse, performance— explorent et fournissent sans cesse de nouvelles images de la Communauté. Ils tentent d’approcher, d’imaginer ou de capturer pour les yeux la forme, la « formule », d’une impossibilité concrète : être-ensemble.

Pour conjurer cette impossibilité, il peut s’agir d’en dessiner ainsi l’image idéale. Pour forcer le réel, d’en façonner la voie en la montrant. Ou bien il peut s’agir de représenter, pour s’en prémunir, les formes inquiétantes et menaçantes qui accompagnent toute tentative liberticide de forcer la réunion des hommes. Vocation propitiatoire ou prophylactique, mise en corps d’un rêve, d’un cauchemar ou d’un idéal, vocation critique face à un passé ou un futur dystopique, l’image suggère —ravive les perceptions primordiales ou subconscientes— et ses intentions sont multiples.

Dans tous les cas, les arts visuels interrogent par leurs moyens et médias propres des visions de ce que peut être la réunion sensible des hommes en Communauté. Les réalisateurs, les chorégraphes, les photographes ou autres performeurs s’efforcent par leurs créations visuelles de signaler tant le défaut des images communes ou la difficulté/l’impossibilité de représenter cette réunion, que de suggérer parfois à quoi pourrait ressembler ce corps collectif. Certaines images sont classiques, traditionnelles : la fourmilière. D’autres sont plus originales, inattendues : le banc de poisson par exemple. Toutes ont pour fonction d’aider à penser, par l’image, ce problème philosophique majeur qu’est la Communauté…

Si ces images parlent, il nous revient de les interroger :

Quelles sont les nouvelles images proposées ?

Quelles nouvelles visions de la Communauté sont ainsi formulées ?

Comment les images de la Communauté s’écartent–elles des représentations de la simple société ?

Quelle est la spécificité de chaque art dans ces figurations ?

Qu’apporte-t-il, dans sa spécificité, à la figuration de la Communauté ?

Le format des interventions pourra être très libre, du partage et de la lecture d’une simple image en 5 minutes à l’élaboration de discours plus construits en 20 minutes, il s’agira chaque fois de prendre part à ce qui se voudrait une anthropologie contemporaine des images de la Communauté, dans la lignée notamment des travaux de Georges Didi-Huberman.

Organisateur : Rémi Astruc, laboratoire AGORA, Université Cergy-Pontoise (Paris-Seine)

Contact : remi.astruc @ u-cergy.fr

 

Comité scientifique : Carlos Garrido (U. of Lisbon), Eduardo Jorge (U. de Zurich), Humberto Oliveira (UEFS, Brésil), İpek Çelik Rappas (Koç U., Istanbul), Cory Stockwell (Bilkent U.), Thierry Tremblay (U. of Malta), Nathalie Wourm (Birkbeck U.)

 

Plus d’infos sur le cadre théorique de cette journée sur le site du CCC : Communauté des chercheurs sur la communauté

https://communautedeschercheurssurlacommunaute.wordpress.com/

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