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4 L’art du piège dans la politique de Richelieu : La guerre contre Gênes et la « trahison de Monzon » (1624-1626)

Alexandre Ruelle

Devenu Premier ministre de Louis XIII en août 1624, Armand Jean Du Plessis, cardinal de Richelieu, convainc le roi de France d’intervenir contre la ​Pax hispanica en Italie. L’alliance du duc Charles-Emmanuel I​er de Savoie devient une priorité pour le cardinal-ministre car, à cheval sur les Alpes, l’État de Piémont-Savoie occupe une position géostratégique entre l’Espagne et la France. Maître dans l’art de tromper ses ennemis comme ses alliés par ses ruses, complots et autres stratagèmes politiques, Richelieu manipule le duc de Savoie dont il se méfie et charge le duc de Lesdiguières, connétable de France, de convaincre Charles-Emmanuel I​er d’envahir la république de Gênes, banquier de l’Espagne, pour faire diversion et pour diviser les forces espagnoles afin de faciliter l’intervention française en Valteline, une vallée alpine stratégique en Lombardie disputée par la France et l’Espagne. Convaincu d’avoir conclu une bonne alliance, Charles-Emmanuel I​er tombe dans une ruse de guerre du cardinal-ministre qui n’a jamais envisagé l’aider. Défait militairement à l’automne 1625, le duc tombe dans un second piège en mars 1626 : il est de nouveau trahi par Richelieu qui signe une paix secrète avec l’Espagne à Monzon une fois la Valteline sous son contrôle. Cette communication propose d’étudier la place de « l’art du piège » dans la politique de Richelieu à travers l’exemple de cet épisode méconnu de l’histoire diplomatique franco-savoyarde.

Mots clés : Richelieu, Charles-Emmanuel Ier, connétable de Lesdiguières, Piémont-Savoie, guerre contre Gênes, paix de Monzon, piège, ruse de guerre, trahison, Valteline, Alexandre Ruelle, Les Cahiers d’AGORA

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