AGORA

Héros fondateurs et identités communautaires dans l'Antiquité

Entre mythe, rite et politique

Colloque international organisé par
Maria-Paola CASTIGLIONI (Univ. de Grenoble), Marco GIUMAN et Romina
CARBONI (Univ. de Cagliari), Hélène BERNIER-FARELLA (Univ. de Cergy-Pontoise
les 3, 4 et 5 mai 2017

« Héros fondateurs et identités communautaires dans l’Antiquité, entre mythe, rite et politique »

Figures évanescentes, les héros et les héroïnes appartiennent à une catégorie hétérogène pour laquelle l’historiographie a du mal à donner une définition univoque, à l’exception de celle, générique, qui les identifie comme des hommes ou des demi-dieux ayant accompli des exploits extraordinaires, frappés par un destin hors du commun et/ou par une mort atypique, et qui pour cette raison ont bénéficié après leur mort d’un prestige singulier et d’un culte spécifique. 

Afin de préciser, entre instrumentalisations politiques, le rôle de ces cultes dans la construction identitaire de la mémoire patrimoniale des communautés, il est fondamental de définir le contexte historique de la création, de la transformation et de la manipulation du culte d’un héros fondateur. Il est de même important de déterminer la perception du lieu de culte (héroon, sema, teke, cénotaphe, monument, etc.), de son emplacement topographique et de sa valorisation monumentale de la part des fidèles, la signification des mythes étiologiques qui le concernaient et leur élaboration à travers l’art et la littérature. Il est également utile de vérifier si existe une frontière entre le culte de ces figures héroïques et la dévotion pour les dieux, en particulier les divinités poliades, et leur interaction et imbrication dans la vie religieuse locale. Un autre point crucial concerne finalement la question des héroïnes: y-a-t-il, du point de vue fonctionnel, une vraie différence entre héros et héroïnes? Y-a-t-il des héroïnes fondatrices? Quelle place la communauté leur reconnaît-elle?

 

Il sera en outre opportun d’évaluer les différences, dans les perceptions et la fonction du héros fondateur, entre le monde grec et les réalités romaine et italique, et plus en général, avec les autres civilisations de la Méditerranée antique, en étudiant les parallélismes et la répétition des mêmes motifs et structures du récit mythologique ou folklorique, ou alors en mettant en évidence les dissemblances.

Dans le cadre d’une perspective diachronique, nombreux furent les emprunts, les héritages, les syncrétismes et les reprises, en particulier au moment du passage à l’époque chrétienne et au culte des saints et des reliques. Ces aspects, qui n’ont pas encore été totalement explorés par l’historiographie, méritent également d’être pris en examen.

Ces questionnements et perspectives de recherche, qui touchent des processus universels en rapport avec la construction des identités collectives, civiques ou ethniques, la propagande politique, l’élaboration d’un passé légendaire pour légitimer des choix dans le présent, seront au cœur du colloque international Héros fondateurs et identités communautaires dans l’Antiquité, entre mythe, rite et politique. Cette rencontre privilégiera en particulier une approche pluridisciplinaire, faisant une place importante aux perspectives historico-religieuse, anthropologique, philologique, archéologique et iconographique, à travers une étude comparée des images et des sources textuelles et archéologiques. Il visera à favoriser un échange international qui permettra de proposer une synthèse innovante sur la question.

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