AGORA

Se former à l’enseignement du français par la recherche (Sciences du langage, littérature, psychologie cognitive)

Journée d’étude du master Enseignement des lettres

23 novembre 2012
Université de Cergy-Pontoise, Chênes 2, salle 132
Coordination Marie-Madeleine Bertucci (UCP, CRTF)

9 h-9 h 30 : accueil

9 h30 : ouverture de la journée par Violaine Houdart-Merot, directrice du Centre de recherche Textes et Francophonies  (CRTF)

9 h 45- 12 h 15 : première partie, interactions en milieu scolaire et situations plurilingues et pluriculturelles.

Présidence de séance : Françoise Argod-Dutard, université Bordeaux 3, directrice du comité scientifique des Lyriades de la langue française

 

  • 9 h 45- 10 h 30 : Béatrice Fracchiolla, université Paris VIII et Maison des sciences de l’homme de Paris Nord (CLESTHIA/SYLED, Paris 3)

Éléments de compréhension et d'analyse de la violence verbale

On  présentera les principaux éléments du schéma de montée en tension de la violence verbale, avec un ou deux exemples appliqués par rapport à la situation scolaire. L'objectif est de prendre conscience des éléments linguistiques et interactionnels qui sont susceptibles d'amener une situation de tension, et de réfléchir aux moyens de les objectiver pour les désamorcer.

 

10 h 30-10 h 45 : pause

 

  • 10 h 45- 11 h 45 : Marie-Madeleine Bertucci, université de Cergy-Pontoise (CRTF)

Approche sociodidactique des  pratiques langagières et du plurilinguisme des  jeunes à partir d’un extrait du documentaire d’Hélène Milano, Les Roses Noires (1 h 14, France Télévision et ComicStrip production, réalisation soutenue par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et le Centre national de documentation pédagogique)

On s’efforcera de montrer que la discrimination linguistique s’accompagne d’une double exclusion spatiale et sociale et du repli de certains locuteurs sur l’espace enclavé de la cité. Le documentaire Les Roses Noires présente une réalité complexe où sont intriqués des questions sociales, des problèmes linguistiques et des formes particulières de communication, lesquels sont interdépendants. Après avoir mis en lumière les aspects sociolinguistiques de la question, la communication s’intéressera à ses enjeux didactiques dans le cadre scolaire. Au-delà, on verra comment le documentaire met en lumière les stratégies langagières des jeunes filles interviewées par Hélène Milano, désignées métaphoriquement comme les roses noires, et la façon dont les contraintes de la cité pèsent sur leur identité de filles.

 

  • 11 h 45- 12 h 30 : Muriel Molinié, université de Cergy-Pontoise (CRTF)

Les pédagogies interculturelles : enjeux éducatifs et projets pédagogiques en lettres, langues et arts.

Après avoir situé la notion de pédagogie interculturelle dans les courants didactiques qui, en France et en Europe, en ont assuré la vitalité à partir des années 80 (Abdallah-Pretceille, Zarate, Byram, Dervin, Molinié, Auger), nous verrons (à travers quelques exemples) comment l'approche interculturelle se combine avec une pédagogie de projet en lettres, langues et arts.

On s'interrogera alors sur l'utilité, pour l'enseignant de deux outils : un répertoire des compétences acquises par les démarches interculturelles (Cadre européen de références pour les approches plurielles en éducation/CARAP, Conseil de l'Europe, 2007) ou encore un Portfolio.

 

12 h 30-14 h 15 : pause

 

14h15-18h : deuxième partie : regards croisés sur l’apprentissage (psychologie cognitive et didactique du français)

Présidence de séance Pierre-Patrick Haillet, directeur du master Lettres, linguistique, langues, communication (UCP, LDI)

 

  • 14 h 15-15 h : Corinne Demarcy, université de Cergy-Pontoise(Paragraphe, Paris VIII)

L’impact positif de la pratique du feedback dans l’apprentissage.

Nous définirons d’abord le feedback, qui constitue une information fournie à l’apprenant en cours d’activité ; c’est une forme d’évaluation de son apprentissage centrée sur l’écart entre l’objectif et l’état actuel de la performance. Puis nous présenterons une étude récente menée auprès d’élèves de 4ème et d’élèves en difficulté (classe d’ULIS) sur une tâche complexe de production d’écrit (l’écriture d’une nouvelle policière), qui montre que le feedback peut s’avérer une aide précieuse à l’apprentissage sur trois plans : cognitif, métacognitif et même au niveau du sentiment de compétence de l’élève.

 

  • 15 h-15 h 45 : Jacques David, université de Cergy-Pontoise (CRTF).

Analyser les écarts orthographiques des écoliers et collégiens

Les erreurs orthographiques des élèves, quels que soient leur âge et leur niveau de compétence, suscitent souvent des réactions négatives. Au-delà des attitudes hypernormatives, des corrections inopérantes ou des agacements stériles, leur analyse s’avère pourtant nécessaire pour tenter de les réduire. En nous appuyant sur des productions orthographiques contrastées, recueillies au primaire et au collège, nous présenterons les méthodologies d’apprentissage les plus répandues, en montant leurs intérêts et leurs limites. Nous exposerons ensuite un ensemble cohérent de propositions didactiques, en lien avec des recherches récemment développées en sciences du langage, en psychologie cognitive et en sociodidactique.

 

15h45-16 h : pause

 

  • 16 h -16 h 45 : Marie-Laure Elalouf, université de Cergy-Pontoise (EMA).

Les formes verbales complexes en fin de scolarité obligatoire 

La description des formes verbales complexes dans les grammaires scolaires ne permet pas d’en construire un système unifié : une étude des terminologies grammaticales pour l’enseignement de 1901 à aujourd’hui montre que les termes d’auxiliaire, semi-auxiliaire, périphrase verbale ont des contours variables tandis que des constructions très productives comme les factitives n’ont pas de dénomination ; un examen de grammaires scolaires met en évidence un traitement éclaté, tributaire de la partition entre conjugaison, grammaire, orthographe et vocabulaire. Sur la base d'une double étude quantitative (un échantillon représentatif recueilli dans le cadre de l’évaluation PISA 2009) et qualitative dans quatre classes de collège et de lycée contrastées, nous montrerons qu’en fin de scolarité obligatoire, les élèves maîtrisent l’usage des formes complexes mais que, s’ils n’en ont pas conceptualisé le système, ils rencontrent des difficultés de deux ordres : pour les orthographier en français et pour comprendre le fonctionnement de ces constructions dans un autre système linguistique. 

 

  • 16 h 45- 17 h 30 : Anne-Marie Petitjean, université de Cergy-Pontoise (CRTF).

L’invention de « l’écriture d’invention » : repères épistémologiques et enjeux didactiques.

À partir du moment spécifique de l’insertion de l’écriture d’invention à l’épreuve anticipée de français du baccalauréat (2000), il s’agira de présenter quelques repères sur la manière dont était pensée la question de l’écriture littéraire dans l’institution scolaire et universitaire depuis les années 1970 [Garcia-Debanc, 1985 ; Oriol-Boyer, 1984 ; Roche, 1984 ; Houdart-Mérot, 1998] et la manière dont elle a évolué, à partir du bilan critique de cette pratique institutionnalisée [Daunay et Petitjean, 2005] et des recherches sur le processus rédactionnel [Hayes et Flower, 1980 ; Fayol, 1997 ; Petitjean, 2003], l’activité du sujet-scripteur [Rouxel, 2007 ; Lafont-Terranova, 2009 ; Massol et Ranou, 2012] et les pratiques scripturales extra-scolaires [Penloup, 1999 ; Reuter, 2002]. Cette rapide synthèse, qui mettra en valeur l’actuelle tentation du bilan d’étape, lisible dans la recherche récente [Reuter, 2008 ; Massol, 2008], conduira à envisager quelle place est ou non accordée, dans les travaux universitaires, aux ateliers d’écrivains en secteur associatif et aux cursus en creativewriting des universités anglophones.

 16h30-17 h 45 : conclusion et fin des travaux

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