AGORA

Première séance

15 janvier 14h-17h

salle des thèses

14h-17h

14h —Rémi Astruc(UCP: « à quoi reconnaît-on une communauté quand on en croise une ? »

Dans ce propos liminaire, à partir de quelques réflexions très générales de nature anthropologique ou philosophique, il s’agira d’envisager l’idée de la Communauté aujourd’hui et de s’interroger sur le lien entre celle-ci et l’existence des formes d’art.Même s’il apparaît très lent, il est vraisemblable que nous soyons arrivés, en Occident du moins, à un tournant dans le rapport à la Communauté. Quels en sont les enjeux et quelles évolutions se dessinent ?

 14h30 —Frédéric Treffel(UCP) : « Parlers africains et parlers occidentaux : le même et l’autre »

Il s’agit de « mettre en tension » l'universalisme du vivre-ensemble et de la langue française et les particularismes des communautés et des parlers africains à travers une comparaison entre les catégories occidentales et les catégories africaines du penser et du vivre-ensemble, d'une analyse critique des raisons orales et des raisons graphiques, et d'une prise en compte de la diversité des expressions africaines linguistiques, culturelles et communautaires. Est-il possible au 21ème siècle d’élaborer une orientation qui prenne en compte « la portée universelle de l’expérience unique des diverses cultures » et, qui pour échapper au piège de l’unversalisme abstrait, ne s’enferme pas dans le différentialisme ou le nihilisme ?

 Pause

15h30 —Karine Rouquet-Brutin, (Paris Diderot -Paris Sorbonne Cité) : "Déplacement des identités et de l'articulation Communauté/communauté chez trois générations d'écrivains d'origine antillaise: Aimé Césaire, Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau et les auteurs de "L'éloge de la créolité"

En revendiquant sa Négritude, le poète Aimé Césaire (et le mouvement de la Négritude) donne existence à « l’histoire d’une communauté dont l’expérience apparaît, à vrai dire, singulière avec ses déportations de populations, ses transferts d’hommes d’une continent à l’autre, les souvenirs de croyances lointaines, ses débris de culture assassinés » et à « une entreprise de réhabilitation de nos valeurs par nous-mêmes, d’approfondissement de notre passé par nous-mêmes, de ré-enracinement de nous-mêmes dans une histoire, dans une géographie et dans une culture » (Discours sur le colonialisme, 1987).

 Les générations suivantes d’écrivains-penseurs antillais ne vont cesser de déplacer, déconstruire et recomposer la communauté appelée par la Négritude : en la redistribuant dans les concepts d’ antillanité et de créolisation pour Glissant,  en l’ombiliquant à la langue créole pour Patrick Chamoiseau et les auteurs de L’Eloge.

 16h — Abdoulaye IMOROU (Université Kwazulu-Natal) : « Littérature et sentiment national »

Cette communication porte sur les modalités à partir desquelles, la littérature est susceptible, dans le cadre d’une émergence des littératures nationales en Afrique francophone, de nourrir le sentiment national. Elle se propose de montrer que la stratégie qui consiste à présenter la littérature comme étant la vitrine de l’âme et de la singularité nationales, n’est peut-être plus la plus pertinente : les nations ont davantage intérêt à insister sur leurs capacités à produire une littérature de qualité et à tenter de fédérer autour du prestige qui en découle.

 Discussion et clôture.

Une seconde journée du séminaire se tiendra à la mi-juin 2013, les propositions d’interventions sont attendues à l’adresse remi.astruc@u-cergy.fr

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