MRTE

Journée d'étude : « Corps et Hétérotopies »

Intervention de Damien Masson

08.10.2015 - 08.10.2015

Intervention de Damien Masson sur "Transports et hétérotopies : lieux, dispositions, attentions".

Après une 1ère Journée d’études consacrée à l’Approche géographique du corps (Février 2015), cette Journée d’études sera la 2ème d’un cycle annuel lancé par l’EA2468. Elle aborde cette fois la question du corps dans l’espace resserré, atypique et autrement normé des hétérotopies.

Programme

La dimension spatiale se situe au fondement même de l’expérience humaine intime et originelle du monde et des autres situés dans le monde, invitant chaque individu à configurer spatialement son existence par la nécessité de régler et de négocier, son emplacement dans, sa distance ou sa relation aux choses et aux autres. Ainsi, la place des corps, la relation spatiale entre les corps, le faire (ou l’agir) du corps avec l’espace, ne sont pas insignifiants : le corps – sentant et se mouvant – peut être considéré comme le site de significations – notamment identitaire, mais pas seulement – et son engagement dans le monde comme le moyen de mises en sens du monde, de productions et de reproductions de significations. Le corps est donc au cœur des spatialités, des savoirs spatiaux ou/et des « géographies » produits/construits par les individus, que ceux-ci soient saisis tant par les méthodologies qualitatives (enquête et observation) que par les méthodologies quantitatives (mesure) à l’endroit des récits ou des manifestations (comportements ou expressions signifiantes). Si la proxémie, issue de la psychologie comportementaliste, est l’approche la plus ancienne et la plus communément connue et admise des approches spatiales du corps (notamment via les textes d’A. Moles), le recentrage contemporain de la géographie sur une approche pragmatique, performative et/ou sur une approche phénoménologique de la question spatiale, à travers notamment les courants de la non representational geography et de l’emotional geography, permet de renouveler les questionnements géographiques ayant trait aux relations entre corps et espace, et aux spatialités/géographies afférentes.

Les hétérotopies constituent, selon Foucault, des espaces autres, en rupture avec les autres lieux, dans lesquels il existe des modalités spécifiques d’investissements sociaux de la part des individus et des groupes, conduisant à l’adoption de « comportements déviants » par rapport aux normes établies.

C’est donc à l’étude géographique des corps dans les ou avec les ou encore à l’épreuve des hétérotopies qu’invite cette deuxième journée du cycle Approche géographique du corps. Car le corps, dans sa manière d’engager l’espace et de construire la spatialité à partir de lui, ouvre la question de la construction de mondes qui passe par celle des règles et des conventions. Si tout n’est pas possible en tout lieu, les hétérotopies constituant des mondes à part, conduisent à des corporalités/corporéités spécifiques, à des spatialités/géographies singulières. L’objectif de cette journée d’étude consiste à s’emparer de l’actant et du signifiant corporel, par l’apport d’éléments empiriques et contextualisés, pour interroger le concept d’hétérotopie, et d’en révéler la valeur heuristique dans l’analyse multidimensionnelle des discontinuités. ».

Partager :