MRTE

Projet DecaFmob

Décarboner en France la mobilité : quelles politiques ?

Comment les pouvoirs publics et les autres acteurs se saisissent-ils de l’objectif de réduction des émissions de CO2 liées aux déplacements pour lutter contre le changement climatique ? Comment cela se traduit-il dans les politiques publiques ?

Acteurs de la recherche : Jean-Baptiste Frétigny (coordinateur), , Pierre BocquillonCaroline Bouloc, Laure Cazeaux et Damien Masson 

Temporalité du projet : 14 mois, 2018-2019

Projet co-financé et suivi scientifiquement par le Forum Vies Mobiles, Javier Caletrío et Caroline Gallez

Si la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre a été réaffirmée lors de la COP21 en 2015, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter dans le champ des transports.

Le projet part de trois hypothèses fortes :

  • L’intégration de l’objectif de décarbonation dans les politiques publiques pourrait participer d’une inflexion de fond, bien que partielle et largement inachevée, des politiques liées aux déplacements. Mais la place de la décarbonation des mobilités dans les politiques publiques constitue à bien des égards un impensé de l’action publique, en particulier en ce qui concerne l’articulation de cet objectif avec d’autres potentiellement contradictoires.
  • Une transition ne peut advenir sans que les politiques mises en place s’appuient sur les pratiques et les aspirations des individus pour en assurer l’effectivité.
  • Le changement en matière de transition mobilitaire procède pour une part importante d’acteurs non dominants dans le champ des politiques publiques.

Ces hypothèses seront testées au travers de quatre axes d’analyse :

  • Quelles représentations des modes de vie des Français sont à l’œuvre dans les politiques publiques ? L’enjeu est d’analyser les représentations que les acteurs mobilisent quant aux modes de vie actuels et futurs des individus.
  • Que révèlent les instruments des politiques liées à la transition mobilitaire ? Cet axe s’intéresse à la mobilisation de catégories, de données, d’indicateurs, de terrains, de cartes et d’iconographies dans les actions menées. Il fait le pari que ces instruments contribuent à révéler les arbitrages implicites, les processus de décision, la hiérarchisation des objectifs ainsi que les relations entre acteurs et les formes de gouvernance privilégiées.
  • Quelle cohérence des politiques liées à la transition mobilitaire ? Le projet interrogera d’abord l’émergence et les usages de la notion de transition comme catégorie d’action dans le champ des déplacements. Il s’agira ensuite de comprendre comment l’objectif de réduction des émissions s’imbrique avec d’autres objectifs, comme la lutte contre la congestion. Dans quelle mesure cette imbrication traduit-elle des conjonctions ou des contradictions entre les différents objectifs et les échelles territoriales?
  • Quelles relations de pouvoir engagent les politiques liées à la transition mobilitaire ? D’abord, le projet interrogera les enjeux de justice spatiale et sociale et d’équité territoriale soulevés par ces initiatives. L’investigation des controverses liées à l’empreinte carbone des mobilités permettra ensuite de révéler des divergences d’imaginaires, mais aussi d’intérêts et d’idéologies. Enfin, une attention particulière sera portée aux échelles territoriales et politiques impliqués dans ces initiatives, dans un pays où les niveaux politiques se superposent de manière complexe.

L’analyse s’appuiera sur la production et le croisement de deux matériaux principaux :

  • Un corpus de littérature professionnelle, juridique et politique et une analyse des représentations médiatiques
  • La réalisation de 20 à 30 entretiens avec des acteurs clé des initiatives liées à la transition mobilitaire. Seront d’abord rencontrés des acteurs à l’échelle nationale puis à l’échelle régionale ou locale à travers quatre études de cas, permettant d’approfondir l’analyse.

Plus de précisions ici

 

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