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La complexité aide à comprendre le monde

29.01.2018

La complexité est la grande question du cycle thématique organisé par le Labex MME-DII et la Fondation pour la modélisation en économie. Le séminaire inaugural est programmé le mardi 30 janvier.

Au sens courant, le terme « complexité » sert d’excuse au manque d’explication. « Je ne peux pas rentrer dans les détails, c’est complexe », a-t-on déjà entendu. De justification, le terme est devenu problème, lui-même objet d’étude. La complexité a évolué dans le contexte scientifique contemporain et a pris une ampleur considérable.

L’institut d’études avancées (IEA) de l’université de Cergy-Pontoise ouvre donc un cycle thématique sur la complexité ce mois-ci. Ce sujet a pris une importance particulière à l’UCP depuis l’obtention de l’initiative d’excellence, elle-même axée sur la complexité. Alors qu’entend-on par « complexité » ? De façon générale, les scientifiques s’accordent à dire que les systèmes complexes comportent un grand nombre d’éléments qui interagissent de manière non linéaire. Les problématiques liées à la complexité sont transversales aux disciplines, elles touchent à la physique, à l’économie, aux mathématiques, aux sciences sociales, à la biologie, à l’informatique… D’ailleurs, ce cycle thématique a été imaginé à l’UCP par deux physiciens du laboratoire LPTM, Laura Hernandez et Alessandro Torcini, et un économiste du laboratoire THEMA, Marius Ochea.

Une notion qui touche toutes les disciplines

Tout commence le mardi 30 janvier à la Maison internationale de la recherche (MIR) à Neuville-sur-Oise avec le séminaire inaugural de Roberto Livi, professeur de physique à l’université de Florence. Cet expert de premier plan des systèmes complexes a appliqué ses connaissances en mécanique statistique et en modélisation biologique. Récemment, ses recherches ont porté sur la dynamique des réseaux neuronaux et sur le transport de la chaleur. Cet invité de marque connaît bien l’IEA puisqu’il est un ancien titulaire de la chaire internationale de recherche.

Le cycle comporte aussi des cours avancés qui s’étendent de janvier à mars. Laura Hernandez propose dix séances sur le thème « Complex networks, theory and applications », Alessandro Torcini consacre quant à lui 30 heures à introduire les systèmes chaotiques tandis que Floria Koukiou évoque la théorie de l’information et ses applications. L’ensemble de ces modules s’adresse à un public de doctorants et de chercheurs, de l’UCP et de l’extérieur. Le cycle se poursuivra au printemps avec des workshops, des conférences et des mini-colloques bimestriels.

Question à Alessandro Torcini, chercheur en physique à l’UCP

Pourquoi faut-il s’intéresser à la complexité ?
« Les systèmes complexes expliquent que le comportement collectif de plusieurs éléments va bien au-delà de la simple somme des comportements individuels. Pour donner un exemple, je cite souvent le banc de poisson. Chaque poisson nage suivant des règles très simples pour rester ensemble, mais le mouvement du banc de poissons peut être beaucoup plus compliqué. Il est facile de comprendre que dans un monde de plus en plus connecté le concept de complexité est pertinent.

Le semestre sera ouvert à tous les scientifiques et les étudiants. Nous avons invité les meilleurs experts dans des domaines comme la mécanique statistique, la synchronisation, le transport, l’économie, les sciences sociales, la géographie et les neurosciences qui donneront des conférences et des séminaires à l'IEA. Ces réunions permettront aux chercheurs de l'UCP d'entrer en contact avec ces experts et de renforcer les liens sur les sujets liés à la complexité. »

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