Recherche

Deux prix pour une thèse LouxOr

15.10.2018

Inscrite à l'université de Cergy-Pontoise, Lucile Brunel-Duverger vient de recevoir deux prix pour les travaux de thèse qu’elle mène actuellement sur les cercueils égyptiens du Musée du Louvre. Son doctorat de chimie, labellisé par la Fondation des Sciences du Patrimoine, est dirigé par Nancy Linder du laboratoire LCB à l’UCP et co-encadré par Sandrine Pagès-Camagna du C2RMF.

Lucile Brunel-Duverger, passionnée d’égyptologie depuis sa plus tendre enfance, a toujours rêvé de pouvoir travailler sur des objets de l’Antiquité égyptienne. Diplômée du Master matériaux du patrimoine culturel et archéométrie de l’université de Bordeaux 3, elle réussit en 2014 à décrocher un stage de fin d’études au laboratoire du C2RMF (Centre de recherche et de restauration des musées de France), hébergé au musée du Louvre. « Avoir accès aux cercueils de l’Egypte antique conservés au Louvre était un privilège immense, je vivais un rêve d’enfant ». Lucile travaille alors sur la caractérisation des pigments employés sur des cercueils thébains dits à fond jaune datés de la XXIe dynastie. La chercheuse Sandrine Pagès-Camagna et la conservatrice Hélène Guichard, qui l’encadrent dans ses travaux, voient là un sujet de thèse. Encore faut-il trouver des financements et une direction de thèse.

Un prix européen et un autre aux Etats-Unis

C’est en octobre 2016 que Lucile remporte un appel d’offre et débute sa thèse de chimie sous la direction de Nancy Linder, enseignante-chercheuse au laboratoire de Chimie biologique (LCB) installé à l’université de Cergy-Pontoise. « Nancy étudie des problématiques proches des miennes. Son regard scientifique, extérieur au domaine de l’égyptologie, m’apporte beaucoup. Elle est une interlocutrice indispensable à la poursuite de ma thèse ». Son doctorat LouxOr, labellisé par la Fondation des Sciences du Patrimoine, tente de décrypter les origines des pigments utilisés par les Egyptiens et comprendre leur altération dans un objectif final de pouvoir identifier des ateliers de fabrication. En juin dernier, la doctorante s’est vu décerner le graduate student award lors du colloque « European Materials Research Society » qui a lieu à Strasbourg. « Ce prix a été une belle surprise, comme tout doctorant, cela fait plaisir de recevoir des signes de reconnaissance et d’encouragement durant ses recherches ». Lucile est, une nouvelle fois, récompensée en août 2018, cette fois-ci au colloque « Microscopy & Microanalysis » qui se déroule aux Etats-Unis. Grâce à cet award, la Française a été invitée à Baltimore pour présenter ses travaux de thèse. « C’est une expérience formidable, j’ai rencontré beaucoup de chercheurs américains. Le prix m’a été remis devant mille personnes, ce type de récompense compte aux Etats-Unis, m’a-t-on rapporté. Mon réseau et mes perspectives professionnels se sont étendus d’un seul coup ».

Pour l’heure, Lucile Brunel-Duverger se concentre sur ses dernières manipulations au C2RMF, avant d’entamer la rédaction de la thèse l’année prochaine. Le mercredi 28 novembre, elle fera une présentation « grand public » à l’occasion de la deuxième édition des journées de la recherche du musée du Louvre. « J’expliquerai dans l’auditorium du musée l’intérêt d’étudier les matériaux du patrimoine ». Après tout, pourquoi est-ce pertinent de chercher à comprendre comment a été élaboré et comment se détériore tel pigment utilisé il y a plusieurs milliers d’années ? 

Partager :