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E-RIHS : un projet européen au service du patrimoine

03.10.2016

E-RIHS (European Research Infrastructure on Heritage Science), c'est d'abord une initiative exceptionnelle : pas moins de 11 pays fédèrent leurs forces pour créer une infrastructure dans le domaine des sciences du patrimoine.

« Le dispositif a été sélectionné le 24 mars dernier à l'issue d'un appel à projets de la Commission européenne. Il y avait beaucoup de concurrents en terme de projets soumis, mais aussi par les thématiques représentées, il a fallu faire preuve de conviction », souligne Emmanuel Poirault, directeur général de la Fondation des sciences du patrimoine.

Processus de longue haleine, l'infrastructure E-RIHS sera finalisée en 2022. La phase préparatoire (2017-2019) bénéficie d'un financement de la Commission européenne de 4 millions d'euros. Au niveau français, la participation est coordonnée par Ipanema (plateforme de service et de recherche dédiée aux matériaux anciens au synchrotron Soleil) et le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).

Parmi les partenaires, deux universités sont impliquées, l'université de Cergy-Pontoise et l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Quels sont les atouts de cette mise en réseau européenne ?

Elle va donner accès à des instruments de pointe, via notamment l’EquipEx Patrimex (voir encadré), et à des expertises. L'accent sera mis également sur les formations et les collaborations internationales. « Il s'agit de mettre à disposition des équipements, mais aussi des archives scientifiques et une infrastructure numérique, dans une perspective résolument interdisciplinaire », précise Anne-Julie Etter, coordinatrice scientifique de la Fondation des sciences du patrimoine. Ainsi, chimistes, physiciens ou mathématiciens peuvent collaborer avec des historiens de l'art, des paléontologues ou encore des anthropologues. Issus de différents univers, conservateurs, restaurateurs et universitaires vont travailler main dans la main, à une échelle européenne.

Les 11 pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni.

Patrimex, une exploration au cœur de la matière

Analyser un codex aztèque (manuscrit peint à la main) de la bibliothèque de l’Assemblée nationale ou lire les passages cachés des lettres de Marie-Antoinette au comte de Fersen conservées aux Archives nationales, voilà quelques-unes des prouesses à l'actif de Patrimex.

Cet équipement d’excellence (EquipEx) constitue un réseau socio-technique pour la caractérisation, la conservation et la restauration du patrimoine matériel sous toutes ses formes (monuments, statues, tableaux, manuscrits, archives, instruments anciens). Il rassemble des outils d’étude répartis autour de quatre pôles. Sur le site de Neuville de l’université de Cergy-Pontoise, de nouveaux outils laser sont développés pour répondre aux enjeux de la caractérisation et de la restauration du patrimoine matériel. Des versions embarquées sont mises en place sur une plate-forme mobile. Une ligne de lumière ("PUMA" : photons utilisés pour les matériaux anciens) au sein du Synchrotron Soleil permet d'explorer le cœur de la matière. L’ensemble des informations collectées sera conservé grâce à une base de données innovante, véritable système d’information dédié à l’étude du patrimoine matériel et à la transmission des connaissances associées. Mis sur pied dans le cadre du Programme des investissements d’avenir (PIA), Patrimex bénéficie d’une dotation totale de 6,5 millions d’euros pour la période 2012-2019.

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