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Le cancer de l’ovaire dans l’œil de tir des biologistes

29.10.2018

Au sein de l’unité ERRMECe, une équipe de chercheurs travaille sur le cancer de l’ovaire avec le soutien de la Ligue contre le cancer. Les biologistes s’intéressent aux interactions entre les cellules cancéreuses et leur environnement dans l’organisme. Pas moins de 6 thèses de doctorat ont été menées pour mieux comprendre le comportement des cellules cancéreuses de l’ovaire à l’UCP.

SK Meso CFB22

Le cancer de l’ovaire est un des grands thèmes de recherche développé au sein du laboratoire ERRMECe et plus précisément de l’équipe Mec-Up depuis le début des années 2000. Souvent découvert à un stade avancé, ce cancer tue plus de 3 000 femmes par an en France. C’est Franck Carreiras qui a développé et coordonné cette problématique dès son arrivée dans le laboratoire ERRMECe à Cergy-Pontoise. « J’avais réalisé une thèse sur l’influence de deux protéines extracellulaires sur les tumeurs de l’ovaire en étroite collaboration avec le centre de lutte contre le cancer François Baclesse de Caen. Comme le sujet appelait d’autres recherches, je l’ai progressivement enrichi au sein du laboratoire ».

La Ligue contre le Cancer a rapidement soutenu les travaux menés à Cergy-Pontoise et est devenue le principal financeur de ces travaux qui relèvent de la science fondamentale. L’équipe Mec-Up ne conçoit pas directement des traitements pour soigner le cancer de l’ovaire, elle cherche plutôt à comprendre le rôle régulateur des matrices extracellulaires, autrement dit de l’environnement des cellules, sur le comportement des cellules au sein des tumeurs.

Pour cela, les chercheurs et les doctorants manipulent des cellules in vitro dans les laboratoires de la MIR, créent des modèles d’expérimentation pertinents et utilisent les technologies de la plateforme i-Mat. Grâce à des collaborations de longues dates avec des équipes de recherche basées à Caen (INSERM 1086, Dr L. Poulain) et plus récentes à Strasbourg (CNRS UMR 7213, Pr M. Lehmann) ou Cergy (LCB, EA 4505 Pr N. Lubin-Germain), l’équipe échange scientifiquement, méthodologiquement et se procure notamment des cellules cancéreuses pour effectuer sa recherche. « Nous sommes également en lien avec des médecins qui s’intéressent à nos travaux dans l’optique de comprendre la résistance de tel ou tel traitement », souligne Franck Carreiras. 

L’apport essentiel des doctorants

Actuellement, l’équipe Mec-Up s’intéresse de près au rôle du liquide ascitique dans lequel baignent les cellules cancéreuses qui ont colonisé l’abdomen. Sabrina Kellouche-Gaillard, maître de conférences, et le professeur Franck Carreiras encadrent sur ce point précis le travail de la doctorante Carine Laurent-Issartel depuis un an. « Au printemps dernier, Carine a présenté ses travaux lors d’un Congrès à Strasbourg. Les premiers résultats de sa thèse sont très prometteurs », nous dit Sabrina Kellouche-Gaillard. L’étudiante est ravie d’avoir participé à ce congrès international. « Les chercheurs du laboratoire me font confiance, c’est très valorisant de parler de ses recherches dans un symposium. J’ai perçu l’intérêt des confrères, cela m’encourage à poursuivre mes manipulations et peut-être que cela m’ouvrira des portes après la thèse », explique Carine Laurent-Issartel.

Les recherches sur le cancer de l’ovaire de l’équipe Mec-Up ont également fait l’objet de plusieurs parutions dans des revues spécialisées (International Journal of Cancer, Tumor Biology, Clinical & Expérimental Metastasis, Expérimental Cell Research…). « Nos recherches sont très précises, nous occupons une « niche », résume Franck Carreiras. Mais les résultats que nous arrivons à produire collectivement depuis plus de quinze ans débouchent à chaque fois sur de nouveaux projets de recherche qui permettent d’aller plus loin dans la compréhension de cette pathologie et de la complexité du microenvironnement tumoral à l’échelle cellulaire et moléculaire ».

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