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Le FacLab fête ses 5 ans

24.01.2017

Voilà déjà cinq ans que le FacLab accueille des bricoleurs inventifs sur le campus de Gennevilliers. Ce lieu, qui fait figure de pionnier en France, a essaimé son concept un peu partout depuis. Sa notoriété tient aussi aux nombreuses « success stories » qui sont nées ici et aux diplômes portés par l’équipe du FacLab.

Quand le FacLab a ouvert en février 2012, Laurent Ricard passait son temps à expliquer le concept de cet espace innovant. Aujourd’hui, « tout le monde ou presque sait ce qu’est un FabLab », nous dit le cofondateur. Un lieu ouvert à tous où chacun peut venir s’initier aux machines à découpe laser, aux imprimantes 3D, aux fraiseuses à bois, aux machines à coudre… « Il y a cinq ans, nous étions parmi les tout premiers, et les premiers dans une université. De nombreux FabLabs ont ouvert depuis, mais notre particularité est d’être gratuit et ouvert à tous ».

Le FacLab évolue sans cesse depuis son ouverture, pour répondre aux nouvelles attentes une nouvelle salle dédiée aux objets connectés va par exemple être prochainement aménagée grâce au soutien de la Fondation de l’UCP et du groupe Orange. Bien qu’hébergé dans le campus de l’UCP à Gennevilliers, le FacLab n’est nullement réservé aux étudiants. Il est accessible à tous les esprits créatifs et partageurs qu’ils soient retraités, en reconversion professionnelle, entrepreneurs, lycéens…

Créer et partager ses savoirs

En moyenne, chaque mois, les 240m2 du FacLab voient défiler 500 visites. Parmi eux, Driss qui vient spécialement de Versailles pour fabriquer une fraiseuse transportable. « Ce FabLab est unique car il est contributif. Grâce à cela, on rencontre des gens de tout âge, ce qui crée une ambiance très conviviale. Et comme on ne paie pas, on se sent quelque part redevable, du coup on partage nos savoirs ».

Ces échanges et cette générosité sont entretenus par les deux Fab managers. « Notre rôle ne consiste pas à former les utilisateurs mais à créer des synergies entre eux », précise Cécile Combaz, en poste depuis un an. Pour organiser le partage de connaissances et la contribution, elle encourage les membres de la « communauté » à proposer des ateliers (couture, apiculture, impression 3D, électronique, découpe laser…).

C’est le cas de Jean-Claude, un spécialiste du tournage sur bois, qui partage ses compétences avec les « copains ». Ce bricoleur, qui habite à 40 km de Gennevilliers, fréquente le FacLab depuis son ouverture. « Je trouve toutes les ressources dont j’ai besoin ici, non seulement des outils mais aussi des savoir-faire. Je me suis formé à l’électronique, à la conception assistée par ordinateur, à la découpe laser... En général, je viens ici avec une idée et je repars avec dix », plaisante Jean-Claude. En discutant avec les utilisateurs des lieux, on s’aperçoit rapidement que le FacLab n’accueille pas seulement des bricoleurs un peu geek sur les bords. Beaucoup d’hommes, mais aussi de femmes, viennent là pour coudre, faire de la gravure, cuisiner et même jardiner dans le potager. « La tendance du « Do it yourself » est entrée dans les mentalités ces dernières années et touche une population très large », note Laurent Ricard.

Des success stories à la pelle

La plupart des « makers » viennent en curieux au départ, puis certains fidèles vont jusqu’à monter une start-up pour commercialiser leurs créations. « Les success stories ne se comptent plus », nous dit Laurent Ricard.

Loïc Eonnet, un pilier des lieux, inventeur et entrepreneur, a réalisé de nombreux prototypes. Sa dernière activité est un carénage d’appareil photo professionnel pour prises de vues en « time lapse » en extérieur. Le groupe Louis Vuitton l’a utilisé pour filmer son dernier chantier.

Dans un registre très différent, Julien Morin, ancien salarié de HTC France, a croisé la route du FacLab pour y raffiner son projet de potager urbain d’intérieur et connecté. Repéré au festival Futur en Seine, il a monté la start-up « Urban Potager » pour vendre ses inventions et ses conseils.

Parmi les belles histoires, il y a aussi celle de Josiane Bellina-Contaux, alias Comtesse Jojo. Elle est arrivée très tôt au FacLab où elle a pris en main les ateliers couture, très demandés. Elle a développé des techniques d’assemblage originales pour ses pièces de maroquinerie, travaillé tissu et cuir à la découpe laser, et monté son activité commerciale. Comtesse Jojo est maintenant connue et reconnue, elle expose au Carreau du Temple, Villa Violet… et s’implique dans les problématiques de valorisation et recyclage des matériaux.

Dans la longue liste des réussites, on retrouve aussi Karim Osman, ingénieur des Mines, qui s’est intéressé à un procédé de désalinisation d’eau de mer. Il l’a prototypé au FacLab, et agrégé autour de lui un groupe de passionnés. Le projet Ihya était né. Le système fait appel à un collecteur solaire, une mini pompe, et un système de cascade d’eau avec un différentiel thermique. Le projet commence à être connu, et l’équipe invitée sur diverses manifestations internationales.

Deux diplômes universitaires au FacLab

Ces beaux parcours façonnent la réputation du FacLab. La notoriété repose aussi sur les DU proposés par l’équipe qui a ouvert un premier diplôme universitaire il y a un an et demi pour former les futurs fab managers (DU métier facilitateur). Ce DU répond à la demande des FabLabs (ou autres tiers lieux et espaces d’innovation en entreprise) qui poussent comme des champignons en France. Il représente 110 heures de cours réparties sur quatre mois, comprenant 40 heures de stage. « Nous avons formé de nombreuses personnes en poste aujourd’hui, y compris ceux qui vont animer le nouveau FabLab qui ouvrira dans les prochaines semaines sur le parvis de la Préfecture à Cergy », commente Laurent Ricard.

Pour compléter son offre de formation, le FacLab a lancé en janvier un deuxième DU, pour initier cette fois à la fabrication numérique. « Cette formation est adossée à notre activité », souligne le maître des lieux. Répartie sur trois semaines à temps complet, cette formation attire pour l’heure principalement des personnes en reconversion professionnelle. Le plan 500 000 formations supplémentaires porté par l’Etat et la Région permet aux demandeurs d’emploi de faire financer les DU du FacLab par la Région Ile de France.  

Informations pratiques :
www.faclab.org
https://www.facebook.com/faclab/

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