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Le laboratoire EMA imagine l’école du futur

16.11.2016

Le laboratoire EMA organisait un concours d’idées rassemblant des jeunes architectes exposant leur vision de l’école de demain. Réjouissant !

À quoi va ressembler une école dans dix ou vingt ans ? Comment peut-on agencer un collège ou un lycée pour qu’il intègre davantage les outils numériques et les pédagogies innovantes ?

L’équipe du laboratoire EMA (école, mutations, apprentissages) avait envie d’entendre des architectes répondre à ces questions. Pour cela, les chercheurs en sciences de l’éducation ont organisé un concours d’idées autour du thème : « construire l’école pour demain ». Près de cent candidats se sont manifestés. Au final vingt architectes, diplômés ou en passe de l’être, ont été invités à la première édition de l’événement Archiscola qui se tenait sur le site de Hirsch.

Les candidats ont eu la journée du mercredi 23 novembre pour convaincre le jury composé à la fois d’universitaires, de professeurs du Secondaire, d’architectes et de collégiens et lycéens « 140 personnes au total, nous dit Béatrice Mabilon-Bonfils, directrice du laboratoire EMA. Nous avons voulu que des personnes d’horizons très différents dialoguent et confrontent leurs points de vue sur l’école de demain ». Durant la matinée, les vingt candidats venus de toute la France et même du Maghreb ont échangé directement avec les membres du jury. L’après-midi, lors du grand oral dans l’auditorium, ils avaient trois minutes pour présenter les idées fortes de leur projet avant que le public ne donne une note sur 10 à l’aide d’une télécommande connectée.

Rêver une école du futur

Durant ces présentations, les idées ont fusé. Une jeune diplômée de l’école de la Villette remet en cause l’agencement de la salle de classe traditionnelle, avec un tableau noir qui fait face à des rangées de tables. « Le modèle de l’école de Jules Ferry, où les élèves ne peuvent ni partager ni être mobile, est dépassé ». Une autre architecte dépeint son école idéale : « On pourrait imaginer de supprimer les couloirs, d’installer des coussins dans des alcôves où les enfants pourraient consulter des Ipad ». Trois étudiants de l’école d’architecture de Rabat (Maroc) préconisent quant à eux l’utilisation de matériaux recyclés pour bâtir leur école au cœur d’un bidonville. D’autres candidats proposent de créer des toits végétalisés qui serviraient de potager ou d’installer un café philo, un cabinet de curiosité et des ateliers associatifs ouverts aux habitants dans les écoles.

Bientôt une chaire d’architecture scolaire

« Les candidats ont fait preuve de beaucoup d’imagination, se félicite Béatrice Mabilon-Bonfils. Ils n’avaient pas les contraintes réglementaires de la commande publique, ils étaient libres dans leur proposition ». Six prix ont été décernés à la fin de la journée, le premier trophée est revenu aux trois étudiants marocains et à leur projet d’école au cœur du bidonville. « Nous sommes très heureux, c’est la première fois que nous remportons un prix. L’architecture scolaire nous passionne, cette reconnaissance est un encouragement pour la suite », confie Salmane, étudiant en dernière année. Pour les chercheurs du laboratoire EMA, cette belle journée n’est pas un « one shot » puisqu’elle annonce l’ouverture d’une chaire sur l’architecture scolaire dans les prochains mois