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Les cybercriminalités dans le viseur

05.06.2018

Depuis que les experts du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) se sont installés à Pontoise en 2015, les chercheurs de l’UCP ont lancé des travaux de recherche avec eux dans plusieurs disciplines : biologie, traitement des informations, linguistique, électronique...

Ces collaborations scientifiques s’inscrivent dans l’axe « Risques société sécurité » défini dans le programme d’initiative d’excellence porté par l’UCP.

Nous consacrons une série d’articles présentant ces recherches qui réunissent les chercheurs de l'université, les experts de la gendarmerie mais aussi des sociétés privées.

Une thèse est conduite au sein du laboratoire ETIS dans le but d’aider les gendarmes à repérer des contenus sur des images.

Parmi les laboratoires engagés aux côtés des gendarmes, on retrouve l’unité de recherche ETIS (Equipes traitement de l’information et système). Les chercheurs ont été sollicités par le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) pour développer des outils permettant de classifier et annoter automatiquement des contenus sur de grandes bases d’images.

« Grâce aux algorithmes que nous développons, les machines sont capables de détecter automatiquement des objets sur une image. Par exemple, une arme à feu ou de la drogue dans le contexte de la collaboration avec le PJGN », explique Aymeric Histace, responsable d’équipe à ETIS. Cette annotation automatique ferait gagner un temps considérable aux enquêteurs.

Edouard Klein, gendarme au C3N (centre de lutte contre les criminalités numériques) et partenaire de ce projet, ajoute que ce décryptage automatique permettrait aussi de repérer des contenus pédopornographiques. Le traitement par les algorithmes éviterait ainsi aux gendarmes de visionner des images insoutenables à longueur de journées. Enfin, la labellisation automatique de contenus aurait le mérite d’établir des liens entre les enquêtes. « On peut imaginer qu’un même tatouage sur un bras soit identifié dans deux affaires différentes », suggère Aymeric Histace.

« Ces applications nous incitent à pousser plus loin nos recherches »

Pour répondre aux attentes des gendarmes, le laboratoire accueille un doctorant, Pierre Jacob, depuis mars dernier. Sa thèse est financée à 50% par l’UCP et l’autre moitié est supportée par M2M Factory, société spécialisée dans les transmissions et solutions vidéos tactiques pour les forces de sécurité étatiques françaises. Effectivement, le projet prévoit dans un deuxième temps d’indexer des contenus sur des vidéos.

« Au sein du laboratoire ETIS, nous travaillons déjà sur des flux d’images, précise Pierre Jacob. L’indexation automatique de vidéos permettrait par exemple de repérer des comportements suspects ou des colis abandonnés ». Un troisième challenge attend notre doctorant dans les trois années à venir. « Nous aimerions élaborer des outils embarqués qui permettraient aux enquêteurs de scruter des images sur un PC lors d’une perquisition par exemple », explique Aymeric Histace.

Ce triple défi mobilise donc les compétences de deux équipes du laboratoire ETIS, ASTRE représenté par Aymeric Histace (ENSEA) et MIDI représenté par David Picard (ENSEA), qui co-encadrent tous les deux la thèse.

Aymeric Histace confie son intérêt pour ces travaux de recherche. « Nous développons des outils dans un contexte très concret, il y a une attente émanant du terrain. De plus, les problématiques des gendarmes et de la société de vidéo-surveillance nous encouragent à aller plus loin dans nos recherches académiques et de les mettre en lien étroit avec des attentes sociétales. Nous ne sommes cependant pas bloqués par l’application, les solutions que nous mettons au point serviront à d’autres choses, dans d’autres domaines comme le médical par exemple ».

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