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Les liens de l’ADN

19.06.2018

Les biologistes du laboratoire ERRMECe collaborent étroitement avec l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Après la soutenance de thèse d’un officier de gendarmerie, expert en génétique, les chercheurs voient plus loin en se plaçant à l’échelle européenne.

Le rapprochement entre les biologistes de l’UCP et la gendarmerie a débuté avec des poursuites d’étude de gendarmes au sein du master BioC2M proposé sur le site de Neuville. Ce grade académique leur permettant de devenir expert judiciaire. Puis l’officier Sylvain Hubac a renforcé ces liens en réalisant une thèse de doctorat dans le but d’approfondir ses travaux expérimentaux en identification par empreintes génétiques. Olivier Gallet, directeur du laboratoire ERRMECe, l’a encadré. « Pendant un an, avec l’équipe d’ERRMECe, nous avons mis nos connaissances et les moyens techniques de notre laboratoire à la disposition de Sylvain Hubac afin qu’il valide ses propositions », rapporte Olivier Gallet. Le commandant de la gendarmerie a soutenu sa thèse en juin 2017 après avoir déposé un brevet qui protège désormais son invention. Son dispositif innovant est un outil de prélèvement biologique permettant d’obtenir plus simplement et plus rapidement des profils génétiques.

Ces premières collaborations ont donné envie aux deux partenaires d’aller plus loin dans leurs recherches. Aujourd’hui, les chercheurs du laboratoire ERRMEC de l’UCP (Sabrina Kellouche-Gaillard, Johanne Leroy-Dudal, Rémy Agniel, Franck Carreiras et Olivier Gallet) et les experts de la division criminalistique biologie génétique de l’IRCGN dirigée par le colonel Georges Pierrini visent à améliorer l’investigation sur le terrain en déterminant les lieux où l’on trouve le maximum de traces et en définissant un protocole au niveau européen afin d’uniformiser la collecte des prélèvements génétiques. Le laboratoire ERRMECe a recruté une ingénieure d’étude, Mathilde Récipon (titulaire d’un master de sciences forensiques de l’Université de Lausanne), grâce à un financement de l’I-SITE obtenu par la Comue Paris Seine. Elle se positionne en relais de Sylvain Hubac et de la société privée italienne Copan, très intéressée par les travaux menés à Cergy-Pontoise.

Un consortium d’universitaires, d’industriels et de policiers scientifiques

Les biologistes ont également obtenu un financement de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) pour animer un consortium regroupant des Allemands, des Belges, des Grecs, des Hollandais, des Italiens, des Luxembourgeois et des Suisses. Parmi les partenaires, on retrouve des chercheurs, des industriels représentés par les sociétés Copan ou Tracip et des acteurs de la police scientifique. Ce groupe international d’experts en génétique ambitionne de mettre au point des techniques innovantes en matière de traitement de traces biologiques et l’optimisation des processus d’analyses génétiques au travers d’un projet européen H2020 sur le thème de la sécurité.

Ce projet, baptisé « Forensic-on-Board Laboratory », a été lancé les 18 et 19 janvier dernier avec une réunion à Cergy-Pontoise qui a réuni tout ce beau monde. « Nous avons accueilli nos partenaires à la maison internationale de la recherche (MIR) pour apprendre à se connaître et commencer à construire notre projet », explique Olivier Gallet. Le consortium a dix-huit mois devant lui pour déposer son dossier auprès des instances européennes et espérer des fonds de l’Union européenne.

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