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Ouragan : un phénomène climatique de plus en plus puissant

20.09.2017

Déjà durement frappées par l’ouragan Irma début septembre, les Antilles sont à nouveau menacées. La Martinique et la Guadeloupe viennent d’être touchées par l’ouragan Maria, qui se dirige actuellement vers Porto Rico. Ces ouragans d’une puissance exceptionnelle ont eu des conséquences catastrophiques sur les territoires impactés. Le regard de Karl Hoarau, maître de conférences sur la géographie des aléas climatiques à l’université de Cergy-Pontoise, sur ces événements naturels qui se multiplient.

Qu’est-ce qu’un ouragan ?

Irma est un ouragan, c’est-à-dire un cyclone qui se forme dans l’Atlantique Nord tropical. Le pic d’activité de ce bassin océanique intervient durant les mois d’août et de septembre.

Quel a été le parcours d’Irma et son évolution ?

C’est le 30 août, à l’ouest des îles du Cap Vert qu’Irma se transforme en une tempête tropicale, avec des vents moyens de 65 km/h. Cinq jours plus tard, Irma atteint le stade d’ouragan majeur de la catégorie 3 (vents de 185 km/h, rafales de 230 km/h) sur la classification de Saffir-Simpson qui compte cinq niveaux. De manière inattendue, le 5 septembre, Irma devient un ouragan de catégorie 5. Certaines rafales atteignent 360 km/h sur quelques secondes. Le mur de l’œil qui, selon les prévisions, devait passer à 30 km de Saint-Martin, atteint l’île et Saint-Barthélemy. Le bilan des pertes en vies humaines, certes provisoire, est presque miraculeux avec 10 victimes dans les deux îles françaises. Le coût des dégâts pourrait dépasser le milliard d’euros.

Irma peut-il être comparé à d’autres cyclones ?

Pour l’arc des Antilles, Irma peut être considéré comme un cyclone tropical sans précédent en termes d’intensité depuis l’existence des données des stations climatiques (mesure de pression ou du vent) ou des satellites météorologiques (images archivées depuis 1978). Cependant, à l’échelle du bassin de l’Atlantique Nord, les ouragans Gilbert (1988) et Wilma (2005) ont été un peu plus intenses. A l’échelle du globe, Irma n’appartient pas au top 15 des cyclones tropicaux les plus intenses sur la période 1980-2017.   

L’ouragan Irma, une conséquence du réchauffement climatique ?

Un océan plus chaud apporte plus d’énergie aux cyclones, ce qui leur donne une intensité plus forte. La question peut donc être posée car la température de l’océan a augmenté, en moyenne, de 0,5° depuis 1970. Les modèles numériques dont nous disposons suggèrent un accroissement de 5% de la vitesse du vent soutenu des cyclones pour une augmentation d’1° de la température de la mer. Dans l’Atlantique Nord, la période 1999-2017 a été très active avec 10 ouragans contre 5 ouragans pour la période 1980-1998. Cela pourrait corroborer l’influence du réchauffement climatique pour cette zone géographique. Cependant, à l’échelle du globe, il y a une faible décroissance du nombre des cyclones de la catégorie 5 entre les deux périodes.   

 

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