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Une expérience sous les yeux du grand public

Reproduction d'un mur du temple gallo-romain

A l’occasion des journées du patrimoine, la reproduction d’un mur du temple gallo-romain du site archéologique de Genainville a été présentée au Musée de Guiry-en-Vexin. Le public a posé beaucoup de questions sur les recherches menées par les chercheurs de l’UCP.

Les vestiges archéologiques et notamment les bâtis subissent souvent leur environnement. Des altérations, dues aux oscillations des nappes phréatiques et aux variations du climat, endommagent ces trésors archéologiques et rendent leur conservation et leur restauration difficiles. Depuis 2015, la Fondation des sciences du patrimoine finance des recherches sur le site des Vaux de la Celle à Genainville dans le Vexin, conduites par des chercheurs des laboratoires L2MGC, du GEC et d’Agora et des experts du laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH).

Ensemble, ils cherchent à mieux comprendre les impacts de l’eau sur la durabilité des bâtis et à proposer des systèmes de surveillance ainsi que des matériaux adaptés pour la conservation et la restauration de ce patrimoine archéologique. Ce projet de recherche, baptisé PREVENT vient enrichir la thèse WITHIN réalisée actuellement par le doctorant du L2MGC Oriol Sanchez-Rovira..

 Une expérience innovante et pluridisciplinaire

 Après avoir réalisé des tests directement sur le mur du site de Genainville, l’équipe pluridisciplinaire a eu l’idée de reproduire ce bâti pour ne pas endommager le site archéologique datant du 1er et du 2ème siècle. Jérôme Wassermann, ingénieur de recherche au L2MGC, est le responsable scientifique de cette expérience innovante.

Il explique que ce « mur analogue », monté depuis cet été au Musée archéologique départemental du Val d’Oise (MADVO) à Guiry-en-Vexin, à huit kilomètres de Genainville, permet de reproduire les conditions environnementales subies par les bâtis gallo-romains des Vaux de la Celle. « Nous construisons cette reproduction à l’échelle en étant fidèle aux techniques et aux matériaux utilisés à l’époque Gallo-romaine. Après un travail de fouille en étroite collaboration avec les archéologues Vivien Barrière (Agora) et Didier Vermeersch, nous avons récupéré des moellons et des briques antiques sur le site de Genainville et nous avons fabriqué des mortiers analogues ».

Une nappe phréatique artificielle, avec un système de pompes et de réservoirs, reproduit les conditions in situ où la nappe phréatique affleurante est en contact avec les fondations du temple. L’orientation face au soleil est identique et un toit a été placé dans un premier temps pour protéger l’expérience des intempéries. Le mur de 1 m d’épaisseur s’élèvera à 1,80m. Il intégrera dès cet automne, des capteurs de température et de perméabilité et permettra aux chercheurs de placer autour des maçonneries autant de capteurs et d’outils de test souhaités, puis, à partir du printemps, de faire osciller le niveau de la nappe artificielle afin d’étudier l’impact de l’eau sur la durabilité des bâtis du patrimoine.

 « L’intérêt porté par le grand public est réconfortant »

 Le 16 septembre, la reproduction du mur à l’échelle a été présentée au grand public au musée de Guiry-en-Vexin. « Un franc succès », sourit Jérôme Wassermann. Plus de 100 personnes ont discuté durant le week-end avec les chercheurs venus expliquer le processus expérimental et les objectifs de la recherche.

« Nous avons rencontré des enfants, leurs parents et même leurs grands-parents qui étaient très curieux de comprendre comment nous construisons ce mur « analogue ». Nous leur avons également expliqué que cette reproduction allait permettre de tester de nouveaux matériaux pour la restauration. Le public a été surpris de voir comment les matériaux antiques étaient beaucoup plus résistants à l’eau que les matériaux contemporains. Par exemple, nous savons qu’une brique antique est mille fois plus étanche qu’une brique fabriquée de nos jours ».

Jérôme Wassermann confie que l’intérêt porté par les familles l’a conforté dans son entreprise. « Cet exercice de médiation scientifique procure beaucoup de satisfaction, en sortant un peu des cercles scientifiques, on s’aperçoit que nos travaux intéressent des non-spécialistes qui perçoivent toute la magie des vieilles pierres ».

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