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Anna Maria Papini, chercheuse sans frontière

Anna Maria Papini est professeure des universités à l'UFR sciences et techniques de l'UCP et membre du laboratoire de chimie biologique.

En bonne chercheuse, Anna Maria Papini dépasse les frontières. Les frontières entre les pays d’abord, elle nous dit avec son bel accent italien qu’elle est toujours en « vadrouille » entre l’université de Cergy-Pontoise et celle de Florence, et les nombreux colloques aux États-Unis ou en Europe. Anna Maria Papini se joue aussi des frontières entre la biologie et la chimie, depuis sa thèse, elle s’intéresse à la chimie des peptides. Les peptides sont des chaines d’acides aminés contenue dans les protéines, plus connus quand ils portent le nom d’insuline ou de collagène… Elle s’épanouit dans ce domaine émergent et innovant de la recherche. « Dans les années 80, j’ai commencé à me pencher sur ces problématiques en réalisant un doctorat en collaborant avec les chercheurs à la pointe, au Canada, en Allemagne et en Italie ».

Les possibilités des peptides

Très tôt, Anna Maria Papini comprend que le réseau à l’international va l’aider à développer ses travaux. Professeure à l’université de Florence dès 1990, elle multiplie les partenariats et notamment avec ses collègues de Cergy-Pontoise. « En 2008, je me suis installée à Cergy-Pontoise pour développer la plateforme technologique PepLab qui réunit une vingtaine de chercheurs français et italiens ». L’équipe d’Anna Maria Papini montre alors l’efficacité de peptides pour traiter la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde et pour diagnostiquer des tumeurs cancéreuses. D’autres pistes sont explorées, les chercheurs travaillent notamment sur l’autisme (syndrome de Rett) et sur les maladies auto-immunes (lupus). L’agence nationale de la recherche soutient son travail en lui décernant une chaire d’excellence en 2009, qui lui donne les moyens d’approfondir ses recherches.

Parallèlement à ses activités au sein du laboratoire de chimie biologique, Anna Maria Papini tient à enseigner la chimie des peptides aux étudiants de master. « Au départ, ils me regardaient avec des yeux ronds, aujourd’hui ils s’intéressent à cette discipline car ils perçoivent les nombreuses applications des peptides ». L’analyse des peptides ne sert pas seulement dans le domaine de la santé, elle aide également à restaurer les œuvres d’art. Dans le cadre du LabEx Patrima, les chercheurs ont réussi à caractériser les molécules de la peinture utilisée par les grands maîtres exposés à Florence et au Louvre. 

Propos recueillis par Guillaume Gesret.

Retrouvez ce portrait dans le numéro 64 d'Allez Savoir !, le magazine institutionnel de l'UCP.