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3 questions à Nathalie Mons

Nathalie Mons est professeur des universités en sociologie à l'UCP, membre du laboratoire EMA. Ses recherches portent sur l’analyse des politiques publiques d’éducation, dans une perspective comparatiste internationale.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Je ne suis pas un produit classique de l’université. Après être sortie de Sciences-Po Paris, j’ai tout d’abord travaillé dans le privé pendant 10 ans, comme journaliste et cadre en charge de filiales multimédias puis à l’étranger au Sri Lanka et à Washington comme analyste pour la Banque Mondiale. C’est parce que j’ai toujours pensé qu’il manquait les apports de la recherche à une formation de grandes écoles que j’ai sur le tard à près de 35 ans repris des études à l’université et passé une thèse pour devenir enseignant-chercheur. Aujourd’hui aux côtés de mon poste de professeur de sociologie à l’UCP, je dirige le nouveau Conseil national d’évaluation du système scolaire, le Cnesco, un organisme indépendant en charge de l’évaluation de l’institution scolaire.

Sur quels aspects de l’éducation portent plus précisément vos recherches ?

Mes travaux portent sur les processus de fabrication des politiques scolaires, leurs mises en œuvre locales - et les phénomènes de résistance qui peuvent s’y développer - ainsi que sur l’évaluation des effets de ces réformes sur les acquis et les attitudes des élèves - esprit civique, tolérance…
Je me suis intéressée à un large champ de politiques scolaires qui ont été conduites dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE, qu’il s’agisse des politiques de décentralisation, d’autonomie des établissements, d’évaluation standardisée des acquis des élèves, d’enseignement individualisé, de libre choix de l’école… L’évaluation des politiques publiques est en France très peu explorée, et plus encore celles qui touchent à l’univers scolaire, alors que notre école, et donc la qualité de son fonctionnement, sont au cœur du projet politique, notamment de promotion sociale et que nous y consacrons le premier budget de l’État.

En quoi est-ce important de développer vos recherches à l’international ?

La comparaison internationale de politiques publiques permet la décentration du chercheur. Elle renouvelle le regard porté sur l’institution scolaire française grâce au détour imposé par l’international. Elle ouvre le champ des possibles en politiques publiques et des catégories conceptuelles pour le chercheur. Elle permet aussi des rencontres scientifiques de qualité au-delà de nos frontières et au-delà de l’univers académique. En 2008 et 2009, cette ouverture internationale m’a conduit au London Institute of Education comme professeur invité. Je vois aussi les organisations internationales de l’intérieur comme expert pour la Commission Européenne ou l’OCDE. Ce qui n’est pas non plus sans intérêt dans un monde où ces organisations supranationales influencent de plus en plus les politiques publiques nationales.

Pour en savoir plus : consulter la page personnelle de Nathalie Mons

Pour en savoir plus sur le laboratoire EMA

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