Rezo UCP

Maxime Naud

Après un master Langues et commerce international, Maxime est aujourd'hui responsable export au Brésil. Il évoque avec nous son parcours et sa vie d'expatrié.

Quel a été votre parcours à l’UCP ? Quel souvenir en gardez-vous ?

J'ai effectué un master Langues et commerce international spécialité pays ibériques et latino-américains à l'UCP, de 2011 à 2013. Cette formation m'a permis de définir mon projet professionnel : travailler dans l'export et le développement international en Amérique Latine. Lorsque j’ai voulu réaliser mes stages à l'étranger, j'ai reçu l'appui nécessaire du service des relations internationales qui attribue des bourses ainsi que des conseils du directeur de mon master.

Parallèlement à mes études, j’ai aussi apprécié la vie étudiante à l'UCP et ses nombreuses activités, notamment culturelles. J’y ai fait de belles rencontres au sein de ma promotion, le bilan est donc positif !

Comment s’est fait le choix de l’étranger ? Quelles différences observez-vous par rapport au monde de l’entreprise en France ?

J’ai effectué un semestre Erasmus en Espagne et j’ai passé 6 mois au Brésil avant le début du master. Mon projet professionnel s’est défini à ce moment-là et le choix de l’étranger s’est fait tout naturellement. J’ai aussi fait deux stages en Amérique du Sud pour confirmer ce choix et aussi pour enrichir mon expérience professionnelle à l’étranger. Ces deux premières expériences dans le développement international d’entreprises françaises et mon poste actuel m’ont permis de voir à quel point chaque pays d'Amérique du Sud a ses particularités culturelles, historiques, économiques mais aussi politiques. Cela a bien sûr une influence au sein de l'entreprise.

Je dirais que le Chili a un profil plus européen et moins latin que le reste de l'Amérique Latine. Le Brésil, où je vis actuellement, se révèle un pays d'imprévus, où il faut savoir être flexible et patient. Tout y semble facile, grâce au contact humain qui est détendu et chaleureux, mais les choses se révèlent finalement complexes, avec beaucoup de codes qu’il est nécessaire de découvrir et de maîtriser. Il y a dans ce pays des spécificités culturelles qui varient selon les régions, cela est très enrichissant. Il faut donc apprendre à s'intégrer et à comprendre le contexte dans lequel on se trouve. Se cantonner à une vision trop française de l'entreprise serait un frein pour quiconque souhaite évoluer dans sa carrière voire construire sa vie ici.

Quelle fonction occupez-vous aujourd’hui ? Vos conditions de travail vous semblent-elles différentes de ce qu’elles seraient en France ?

Je travaille actuellement chez Sucden do Brasil, filiale au Brésil du Groupe français Sucres et Denrées. Je suis responsable de l'export du sucre que nous achetons dans le Nord-Est du Brésil et j'assiste le directeur régional dans les relations commerciales avec les usines productrices de la région, à qui nous achetons le sucre. Lorsqu'on travaille à l'étranger en contrat local, ce qui est mon cas, il est indispensable d'analyser sa situation professionnelle et personnelle dans le cadre local, afin de découvrir si cela vous satisfait.

Les conditions de travail me semblent différentes de ce qu'elles seraient en France dans la mesure où mon contrat de travail est local et répond donc aux lois brésiliennes. Il faut savoir qu'au Brésil la durée hebdomadaire du travail est de 44 heures et que nous avons 30 jours de congés par an, week-end inclus. Concernant le salaire, il faut aussi savoir replacer sa rémunération à l’échelle locale. Le salaire minimum est d'environ 240 euros par mois et ne permet pas de vivre. Autre exemple : les conditions de travail restent précaires pour beaucoup de métiers, comme dans la communication ou l'enseignement, où les salaires sont proportionnellement bien inférieurs à ceux pratiqués en France. A l'inverse, les salaires peuvent très vite augmenter et devenir supérieurs à ceux pratiqués en France selon le secteur (ingénieur, nouvelles technologies, finance, droit, etc.) ou les responsabilités. La couverture sociale est aussi bien inférieure à celle dont on bénéficie en France, ce qui est à considérer. Au Brésil, on ne parle pas d'avoir une complémentaire mais un plan de santé privé qui se révèle très cher mais qui permet d’éviter l'attente interminable et la précarité des hôpitaux publics.

En tant qu'étranger, je pense qu'il faut davantage faire ses preuves, gagner la confiance des personnes, construire son réseau et saisir les opportunités qui se présentent. Par exemple, à São Paulo ou Rio, la concurrence est très forte, avec beaucoup de brésiliens et d'étrangers extrêmement compétents. À Recife, où je me trouve, il y moins de concurrence mais il est beaucoup plus difficile de s'insérer professionnellement en tant qu'étranger. Si on arrive à percer, il me semble que la progression de carrière peut être plus rapide qu'en France, notamment pour les jeunes diplômés. 

Un conseil pour les étudiants ou les diplômés de l’UCP qui souhaiteraient travailler à l’étranger ?

Mon conseil : bien réfléchir à l'objectif ! S’agit-il de voyager, évoluer dans un secteur ou pays spécifique ? Suis-je prêt à faire certains sacrifices liés à l'émigration ? Pour les étudiants, je pense que toute expérience à l'étranger est pertinente car on apprend énormément sur soi et découvre que le monde est gigantesque et, à la fois diversifié et globalisé. Dans le cas d'un stage de M2 à l'étranger, je pense qu'il est important de regarder le contenu du stage, les conditions car il s'agit d'un stage crucial pour l'insertion professionnelle.

Pour les diplômés, je pense que définir l'objectif de l'expatriation est primordial. Une fois à l'étranger, il n'est pas toujours facile de revenir en France, où il est parfois difficile de valoriser son expérience professionnelle à l'étranger. Je conseille donc de bien définir son projet et connaître les réalités du pays dans lequel on projette d'aller, surtout si le départ se fait avec un conjoint et des enfants.

Dans tous les cas, vivre à l'étranger est une expérience d'humilité, qui peut se révéler difficile par moments mais aussi passionnante.

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