Université

UFR Sciences et Techniques : des pratiques pédagogiques innovantes pour la semaine d’intégration

29.09.2017

Le portail MIPI de l’université de Cergy-Pontoise offre à ses jeunes recrues une semaine d’intégration innovante, encadrée par des professeurs et étudiants. Derrière cette effervescence, un objectif : réduire le taux d’échec en licence. Immersion dans le point culminant de cette semaine, l’atelier Raspberry.

L’atelier Raspberry est le premier du genre. Un atelier où les étudiants de la licence MIPI (Mathématiques, Informatique, Physique et Ingénierie) découvrent pendant leur semaine d’intégration le mini ordinateur Raspberry PI-3, un outil informatique multifonction accessible pour moins de cinquante euros. L’enjeu est de se familiariser avec son fonctionnement en réalisant l’expérience de Galilée: avec de petites voitures placées sur des pentes, les étudiants calculent la chute des corps. Ils doivent alors récupérer les données de l’expérience avec l’ordinateur et le logiciel de codage sur l’appareil, Scratch.

Cette animation est inspirée par les « infusions CMI », des ateliers réservés aux étudiants en Cursus Master en Ingénierie, qui débutent leur formation avec les MIPI. Ils se déroulent sur trois jours, juste avant la rentrée, pendant lesquels les étudiants doivent réaliser plusieurs projets suivant un thème donné. Cette année, ils devaient réaliser un drone contrôlable depuis un gadget à attacher au poignet.

Au cours de l’atelier Raspberry, les étudiants forment librement des groupes de six. L’activité se déroule sur une quinzaine de postes installés dans le hall du site de Saint-Martin. S’ils découvrent d’eux-mêmes leurs outils de travail (plusieurs éléments sont à disposition, dont des fiches rappels de physique), ils doivent préparer des calculs avec les outils à disposition, dont le Raspberry.  

Des pratiques pédagogiques innovantes

Les étudiants sont libres de mener l’expérience comme ils l’entendent. La majorité suit la piste que proposent les documents : manipuler le matériel et le brancher sur le Raspberry, puis coder avec le logiciel Scratch un programme pour récupérer les données de l’expérience. Certains préfèrent l’approche théorique, sans se préoccuper de l’ordinateur et du logiciel de codage. D’autres encore font des tentatives originales, bien que peu précises. “L’idée est de les laisser faire, de les confronter à leurs propres erreurs” explique Tuyet Tram Dang Ngoc, chargée de mission transformations pédagogiques à l’université de Cergy-Pontoise. “L’objectif est de leur donner le plaisir d’apprendre, mais également redonner du sens à tout. Il faut apprendre aux étudiants à réfléchir, à apprendre, à être autonomes et responsables. Il faudrait pouvoir se former comme on veut, quand on veut.”

Geneviève Rollet, enseignante-chercheur en Physique, estime elle aussi que "l’ordinateur pourrait à long terme faciliter la recherche et valoriser les projets".

Cette année, ce sont environ 300 étudiants qui sont concernés par la semaine d’intégration MIPI. La semaine débute avec une introduction à la vie étudiante, suivi de « tests de positionnement ». L’intéressé pourra à son initiative suivre une séance de « remédiation », entouré de tuteurs-étudiants, afin de réaliser ces exercices dans les meilleures conditions possibles. L’initiative vise à déterminer les compétences de l’élève, qu’il s'auto évalue et qu’il se positionne dans la licence.

En effet, au sein de la licence MIPI, il y a un fort taux d’échec d’étudiants détenteurs d’un baccalauréat professionnel :  « Il faut réduire le fossé entre la fin du lycée et l’enseignement supérieur. Le niveau en trente ans a baissé en première année de licence, engendrant un pic de progression inégal en conséquence ; le niveau en M2 restant inchangé », précise Geneviève Rollet.

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