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Lobbying citoyen pour rétablir le métier d’herboriste par les étudiants du master2 RSE, communication, environnement

07.05.2018

Les étudiants du master 2 RSE, Environnement, Communication ont lancé, au second semestre, une pétition en ligne pour la reconnaissance du métier d’herboriste.

Jonathan Attias, leur enseignant, assure le cours « démocratie contributive et lobbiyng d’intérêt général » qui a servi de support à cette action.

Deux temps forts pour cet enseignant dans son cours :

  • « Se réapproprier les outils de la démocratie. Pour cela, ils ont écrit leur constitution qu’ils se sont employés à respecter
  • Travailler sur la place du citoyen dans la démocratie : comment peut-il s’impliquer dans la vie politique et de quels moyens dispose-t-il pour agir ? »

C’est ainsi qu’ils ont décidé d’œuvrer concrètement à partir de ce qu’ils ont vu en cours pour le rétablissement du métier d’herboriste, supprimé en 1941 (cf. infra). Ils ont développé la concertation en rencontrant les parties prenantes et écrit une pétition.

Celle-ci a été présenté à Joël Labbé, sénateur EELV (Europe, Ecologie, Les verts), rattaché au groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, qui soutient leur action. Un soutien de poids puisque c’est ce dernier qui est à l’origine de la loi qui interdit l’usage des pesticides par les collectivités dès le 1er janvier 2017 (voiries, espaces verts, forêts, promenades ouvertes au public) et leur vente aux particulier à partir du 1er janvier 2019.

La signature au Sénat a été un moment symbolique fort, le 15 février dernier et elle a réuni l’ensemble des étudiants du M2 qui ont participé auparavant à la séance publique des questions d’actualité au gouvernement.

Aujourd’hui, la pétition circule et le mercredi 18 avril s’est tenue la réunion constitutive de la mission d’information du Sénat sur le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, des filières et métiers d’avenir dont la création est à l’initiative du Sénateur Joël Labbé.

Convergences d’actions pour une meilleure démocratie participative !

Le métier d’herboriste

Se soigner, au quotidien, par les plantes, c’est aujourd’hui en plein essor.

Les plantes permettent de soigner des dysfonctionnements courants, des petits maux, d’entretenir son corps en insistant sur une dimension plus préventive que curative. L’idée n’est pas de remplacer la médecine.

C’est le métier de l’herboriste de connaître les plantes, de leur production aux interactions entre elles et de préparer les tisanes, crèmes, huiles …

Le métier d’herboriste en France existe depuis plusieurs siècles. C’est précisément en janvier 1312 que ce métier a été reconnu en France. La corporation quant à elle n’a été reconnue qu’au XVe siècle. Le diplôme d’herboriste a été délivré par la faculté de médecine à partir de 1778 et en 1927 a été fondée l’École nationale d’herboristerie de Paris. En France, la formation et le diplôme ont été supprimés en 1941, pendant le régime de Vichy, et n’ont pas été rétablis depuis. Les derniers diplômes d’herboriste ont été délivrés le 11 septembre 1941.

Aujourd’hui, en France, l’exercice de l’herboristerie est réservée aux pharmaciens titulaires d’un diplôme de faculté et aux derniers diplômés d’herboristerie restants depuis la suppression de ce diplôme en 1941 (L659 du Code de la santé publique). C’est le seul pays de l’union à ne pas reconnaître le métier d’herboriste

Depuis 2008, en France, la vente des plantes médicinales (environ 340 espèces inscrites à la pharmacopée), est réservée aux pharmaciens, à l’exception de 148 espèces libérées et d’une centaine d’aromates et épices en vente chez des herboristes (une quinzaine existent encore) et sur internet.

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